Et voilà!

Cela n’a pas tardé: les premières revendications sérieuses concernant des résultats qui ne sont pas encore officiels viennent de s’exprimer en Irak. Il s’agit des cheiks du sawha, alliés aux autres listes tribales d’ANBAR qui contestent les chiffres de la participation provinciale, estimant qu’ils sont inférieurs à 40%. De fait, pour eux pas de doutes: le Parti Islamique Irakien, au pouvoir depuis 2005, a truqué les élections avec des électeurs fantômes…

Leur menace est claire: si le Parti Islamique Irakien est déclaré vainqueur, alors ils se soulèveront de nouveaux. Ce qui est inquiétant du fait du contrôle tribal sur la police locale et les forces de sécurité du gouvernorat. Et de fait, les Marines ont semble-t-il repris leurs patrouilles d’observation dans RAMADI, la capitale provinciale dont ils s’étaient retirés à l’été 2008.

Au-delà de légitimes inquiétudes sur la sécurité et sur les considérations déjà tenues concernant l’acceptation des résultats, il faut noter plusieurs éléments pour mieux comprendre:

-sur le temps long, cette revendication tribale correspond surtout au désir des cheiks de retrouver une assise politique solide, hors de l’instrumentalisation par le pouvoir central. De fait, les militaires américains et les cheiks se sont instrumentalisés de manière réciproque, en dépit des signes réels d’amitié et de confiance qui se sont observés ici et là.

-sur le temps de la présence américaine en Irak, la frustration des cheiks face au Parti Islamique Irakien (une émanation locale des Frères Musulmans) renvoie surtout à leurs propres paris: pari sur les insurgés en 2005 qui les avait fait appeler au boycott et qui avait permis la victoire du PII, pari sur la prise de pouvoir par les urnes en 2008/2009 qui a surtout provoqué une division du sahwa entre plusieurs groupes concurrents.

-enfin, il faut faire la part du déclaratoire dans ces menaces. Au fond, brandir le spectre de la victoire du PII a surtout permis de réconcilier les cheiks autour du successeur du cheik SATTAR, son propre frère, pourtant fortement critiqué (c’est le moins que l’on puisse dire) par ses rivaux avant les élections. On ne peut donc entièrement exclure une manipulation par ce leader local. Par ailleurs, ces menaces entrent dans la logique des négociations avec le pouvoir central et aussi avec le PII si celui-ci devait effectivement remporter les élections. Il s’agit en quelque sorte de « sauver l’honneur » en montrant sa potentielle capacité de nuisance. D’ailleurs, le gouvernement semble prendre les accusations de fraude au sérieux, de même que la Haute Commission Electorale.. Un indice: de nombreux cheiks entrent dans le plan de « débauchage » enclenchée par la politique de « réconciliation » du PM Nouri Al Maliki….

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