Retrait précipité?

Comme je le signalais précédemment, la tenue des élections provinciales semble être devenue une raison suffisante pour accélérer le retrait des troupes pour le Président OBAMA.

Le terrain est glissant pour de nombreuses raisons. Mais une information récente montre que le général PETRAEUS ainsi que Robert GATES auraient tenté de persuader le nouveau titulaire de la Maison Blanche de ne pas donner suite à sa promesse de campagne d’un retrait en 16 mois, hâtivement rebaptisé « retrait responsable ». Celui-ci aurait affirmé ne pas être convaincu par l’argumentation du CENTCOM.

Depuis, plusieurs indices suggèrent que l’opposition au Commandant en Chef sur ce sujet risque de croître. Dans une interview donnée le 29 janvier au New York Times, Raymond ODIERNO, actuel commandant de la MNF-Irak, avait indiqué qu’il prévoyait un plan plus lent que celui du Président (soulignant que celui-ci avait indiqué qu’il était ouvert à toutes les alternatives, ce qui ne semble peut-être pas autant le cas…). Le 21 janvier, l’ancien Vice-chef d’Etat-major de l’Army Jack KEANE, un des artisans de la campagne menée auprès de l’Administration BUSH pour le « sursaut » et la nomination de PETRAEUS, déclarait lors d’une interview télévisée combien ce retrait dans les 16 mois était risqué.

Dans un précédent billet, j’indiquais que le Président avançait prudemment dans sa décision, ce qui me semblait suggérer soit du pragmatisme quant à la situation en Irak, soit une excessive méfiance vis à vis de la réaction de PETRAEUS. Par ailleurs, je donnais quelques pistes, notamment sur les relations civilo-militaires. On voit bien ici sur quels présupposés se basent les militaires: officiellement, leur rôle est de conseiller le pouvoir civil, en subordination de celui-ci, alors qu’en réalité, la séparation des deux sphères obéit à une logique jominienne typique de l’Army. Pour mieux le dire, la hantise de « l’abandon de poste » (dereliction of duty) comme au Vietnam (affaire qui constitue la thèse principale d’un livre du colonel McMASTER paru en 1998, lui-même un partisan et praticien de la contre-insurrection, notamment à Tal Afar) les pousse à accentuer cette vision de leur rôle de conseiller .  Ce professionalisme peut aussi bien légitimer un rôle subordonné limité au conseil qu’un rôle plus actif de monopole de l’expertise -et in fine de la décision- militaire.. 

Donc, le jeu normal de la prise de décision politique aux Etats-Unis avec de multiples acteurs en compétition, les « poids et équilibres » et au final le Commandant en Chef qui se décide.. mais pas toujours comme il l’aurait souhaité.

Une réflexion sur “Retrait précipité?

  1. Certains aux Etats-Unis considèrent que la guerre en Irak est gagnée mais que l’Afghanistan est loin de l’être. Je crois que c’est le cas de M. Obama.
    Les USA n’ont pas les moyens de mener simultanément deux guerres, c’est pourquoi leurs efforts militaires vont maintenant porter sur l’Afghanistan. Que feront leurs alliés européens ?
    Pour l’Iraq, le retrait ne sera vraisemblablement pas total, realpolitik oblige.
    http://pourconvaincre.blogspot.com/

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