Le survivant

Non, il ne s’agit pas du titre d’une série TV, mais bien du portrait de l’homme qui durant 4 années et demi a servi comme gouverneur de la province de NINIVE dont la capitale, MOSSOUL, incarne les succès initiaux de PETRAEUS mais aussi l’épine dans le flanc de la stratégie de contre-insurrection.

Duraid KASHMOULA est un Arabe sunnite particulièrement peu réceptifs aux discours communautaristes, ce qui lui  a valu les accusations de « marionnettes des Kurdes » par l’insurrection sunnite qui sévit encore dans la ville… Mais ce qui l’a surtout confronté à plusieurs tentatives d’assassinat dont il a toujours réchappé.

Il a connu les illusions de la fin de l’année 2003 quand, par la patience, la diplomatie et une stratégie intégrant les actions sur l’ennemi et les actions sur la population, David PETRAEUS faisait de MOSSOUL  un modèle pour l’avenir.

Il a connu les première désillusions lorsque, la 101ème division aéromobile ayant quitté la zone pour laisser la place à la TF OLYMPIA moins bien dotée en effectifs et les insurgés sunnites rayonnant à partir de FALLOUJAH pour ranimer la peur de la mainmise kurde sur la ville, son cousin -le gouverneur précédent- était assassiné.

Il a connu le choc du 10 novembre 2004, lorsque les insurgés sunnites lancèrent une attaque surprise qui décapita en une journée l’infrastructure politique et sécuritaire de la ville. Les combats de la « brigade Stryker » pour reprendre la ville durèrent jusqu’en janvier 2005 et se poursuivirent encore toute l’année. Mais l’appel au boycott par les insurgés donna le pouvoir aux Kurdes… et le garda au gouverneur.

Il a connu les années de terreur et de haine ethnique entre 2005 et 2008, puis les opérations américaines et irakiennes pour « sécuriser » la ville. Pensant rééditer le succès de BAGDAD, ces actions continuèrent à achopper sur le problème ethnique, les Sunnites refusant d’être réconciliés au gouvernement par peur de la poussée Kurde comme à KIRKOUK.

Il vit ses derniers jours en tant que gouverneur de la province la plus troublée d’Irak: ayant survécu, il s’exilera alors à Erbil dans le Kurdistan régional semi-autonome une fois les élections provinciales passées et son successeur choisi.

 

Mise à jour: et pour illustrer encore une fois la folle prétention à vouloir juger de l’Histoire, je renvoie à ce cri du coeur de Déborah HAYNES qui fut durant les 5 dernières années envoyée spéciale du Times en Irak. Une bonne occasion de rester humble face à cet « objet d’étude » qu’est la guerre en Irak… Au coeur des ténèbres, la lumière luit toujours pour celui qui veut la voir.. Elle n’efface pas les erreurs et les crimes du passé mais elle montre qu’il n’y a pas que cela…

2 réflexions sur “Le survivant

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