Dernier billet…. (mis à jour)

…. avant Noël. 

Simplement pour signaler les dernières déclarations de Raymond ODIERNO, commandant la Force Multinationale-Irak, sur le retrait des troupes de combat américaines des principales villes irakiennes pour juillet 2009 (en accord avec le SOFA). Suivant en cela l’exemple de son prédecesseur, le général ODIERNO a annoncé qu’il ne se prononcerait pas sur un retrait avant le printemps prochain. L’idée est non seulement de sécuriser les élections provinciales prévues le 31 janvier prochain, à l’instar de ce qui s’était produit en 2005, mais aussi les deux mois qui suivront.

Au final, ce seraient plus de 20 000 militaires qui resteraient au coeur des cités, tandis que les brigades laisseraient progressivement la place aux Transition Task Force et aux équipes de conseillers militaires intégrées au sein des forces armées et de sécurité irakiennes. Rappelons que le rôle de ces derniers, suivant en cela le modèle mis précocement en place par les Marines au Vietnam, n’est pas simplement de l’ordre du conseil tactique ou technique à destination des différents niveaux de commandement, mais consiste aussi à apporter toute l’aide et l’assistance des forces américaines en matières de feux indirects et de logistique.

Ce qui suscite un article étonnamment naïf du New York Times (une fois n’est pas coûtume, et même si je suis un lecteur plus proche du Washington Post…) sur les subtilités sémantiques mises en oeuvre par le Pentagone pour justifier la transformation des « troupes de combat » en « conseillers militaires ».

Au fond, il n’y a rien de bien nouveau ni de très déroutant: quoi que l’on puisse penser des raisons invoquées par ODIERNO pour maintenir les troupes (et remplacer le contingent britannique à BASSORAH), à savoir que les forces irakiennes ne sont pas encore prêtes, et quoi que l’on puisse dire de l’instrumentalisation des militaires américains par le PM MALIKI, il est évident qu’un retrait ne peut s’effectuer aussi rapidement… quand bien même on le souhaiterait (rappelons que le candidat OBAMA prévoyait dans son programme un retrait au bout de 16 mois… mais rappelons aussi que, au contraire de ce que pensent nombre de nos concitoyens, qu’il a toujours défendu l’idée d’une « force d’intervention rapide » destinée à empêcher le pays de sombrer de nouveau dans la violence civile). Et puis les Irakiens eux-mêmes -en dépit des déclarations contraires souvent entendues et affirmées haut et fort- ne souhaitent ce départ que pour peu qu’il prenne un peu de temps: les Américains sont si pratiques car ils représentent à la fois un « bouc émissaire » pour souder les différents messages politiques et la seule force qui compte réellement en Irak, même si d’autres montent en puissance.

 

Sur ce, un très joyeux Noël à tous

La Nativité par FRA ANGELICO (fresque de 1442)

Mise à jour 1: Deux cadeaux de Noël. Ce blog ayant vocation à tenter d’éclaircir l’histoire complexe des guerres en Irak depuis 2003, il propose souvent quelques documents inédits (au moins en France). 

C’est le cas en ce jour de Noël:-

-tout d’abord, via le Small Wars Journal (décidemment), cette excellente recension de « ceux par qui… » la « contre-insurrection » s’est développée dans les institutions militaires américaines (notamment l’Army) et à propos de l’Irak.

-ensuite, la première lettre d’information du Center for Advanced Operational Cultural Center du Corps des Marines. Pour avoir quelques idées sur les enseignements tirés par les Marines au sujet de la « conscience culturelle » que doit acquérir le militaire en opération extérieure.

-enfin, une courte bibliographie/filmographie accompagnant une réflexion sur le « niveau universitaire de la guerre » comme l’on nomme la « contre-insurrection » dans les cercles « croisés » de l’Army et des Marines (les « conservateurs » préférant réserver cette appellation au « spectre des opérations »)

Mise à jour 2:

Et puis je suis impardonnable. J’ai oublié dans mes voeux de Noël d’être plus précis. Je souhaite donc d’excellentes fêtes de fin d’année à mes lecteurs de plus en plus nombreux et fidèles. Qu’ils reçoivent en ce jour la grâce de la Paix (notamment en famille) et de la Santé (pour l’année prochaine). Bien sur, comment oublier ce qu’ils trouveront sous le sapin!!!

Je souhaite aussi d’excellentes et plantureuses fêtes  à mes camarades blogueurs dont François DURAN a raison de souligner qu’ils ont grandi en nombre et en qualité. Que 2009 voit la réalisation de tous leurs souhaits familiaux, professionnels et personnels. Joyeux Noël à tous!!!!!

« un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix » » (Isaïe 9, 5).

4 réflexions sur “Dernier billet…. (mis à jour)

  1. Oups, erreur de manipulation… La fin du commentaire arrive en deux parties…

    Sur l’article du SWJ traitant de la recension de colonels qui ont participé au développement de la COIN, le parallèle est assez frappant à faire avec le cas de la guerre d’Algérie. En effet quand on pense à quelques noms de théoriciens ou de « doctrinaires » qui à l’époque étaient aussi colonels: Bigeard, Lacheroy, Trinquier, Godard (adjoint de Massu), …

    On a beau parlé de « guerre de capitaines » (cf. Pierre Vidal Naquet), ces derniers sont plus dans l’action que dans la réflexion pris à mon sens dans les missions quotidiennes.

    Les colonels peuvent avoir le recul nécessaire par leur fonction en plus de l’expérience accumulée à des postes subalternes. Et le passage par l’école de Guerre pour certains qui permet de leur inculquer l’impétueuse nécessité de penser.

  2. Niel Smith (du COIN CENTER) parle des « généraux tactiques », des « colonels et commandants opératifs » et des « caporaux stratégiques »🙂
    Mais je pense tout de même que le niveau des commandants de bataillon/de compagnie est plus important de par leur inscription à l’échelon local. Par ailleurs, et quoi qu’on dise des armées contemporaines et de leurs modes de commandement, je maintiens que les procédures tactiques ont été extrêmement dispersées au moins jusqu’en 2006/2007… Autrement dit, je préfère parler de la « guerre des capitaines » ou des « lieutenants-colonels » pour mettre en valeur cet échelon dans l’histoire militaire (et politique, et sociale, et économique et démographique aussi) de l’Irak depuis 2003.

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