Proximité et indifférence: la « montée aux extrêmes » en Irak

Actuellement en cours de lecture du magnifique Achever Clausewitz de René GIRARD, je ne peux m’empêcher de tenter d’appliquer la théorie mimétique sur la situation en Irak. J’avais déjà commencé à le faire dans l’article que j’ai commis pour la revue Défense Nationale et Sécurité Collective de novembre dernier.

De fait, le tournant « girardien » de l’interprétation de Clausewitz est plus que dérangeant. La pensée complexe de l’auteur n’y aide pas, qui est à l’origine de concepts aussi nombreux que pertinents mais qui demandent une solide culture philosophique et anthropologique.

En un mot, GIRARD contredit l’interprétation donnée par Raymond ARON selon laquelle il faut absolument différencier la « guerre en tant que concept » -c’est à dire la « guerre absolue », celle qui se fait jour lorsque s’enclenche la « montée aux extrêmes »- et les guerres réelles qui sont bornées par la politique (« la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens »). La contradiction apportée par R. GIRARD s’appuie sur l’idée que le livre 1 (le seul véritablement achevé de cet ouvrage publié à titre posthume par Maria VON BRÜLH, l’épouse de Clausewitz, en 1831) fait preuve d’une intuition que le stratège prussien étouffe aussitôt en croyant que la politique peut contenir la « montée aux extrêmes », que la politique dirige la guerre. L’intuition est fulgurante: c’est celle de la guerre en tant que duel et « action réciproque » qui doit nécessairement monter aux extrêmes. Dans un développement trop long à détailler ici, R. GIRARD montre ainsi que c’est une intuition apocalyptique qui se réalise depuis du fait d’une accélération de l’Histoire dûe à la généralisation de la violence à cause de la décadence de la guerre en tant qu’institution (rites et règles). Napoléon notamment annonce la « guerre totale » et la « militarisation » de la société, voire la « théologisation » de la guerre que nous observerions aujourd’hui (combattre « l’axe du mal », vaincre « le Grand Satan », etc.)

J’essaierai ultérieurement de faire une recension plus détaillée de ce livre. Pour le moment, je souhaiterais apporter quelques idées concernant l’application de la théorie mimétique aux guerres en Irak. La théorie mimétique présuppose que la violence naît du désir mimétique, c’est à dire du désir d’imitation de l’autre, du désir de l’objet que l’autre possède. Ainsi, par le jeu de la réciprocité, deux acteurs se retrouvent dans une proximité et une ressemblance telle que seule la violence doit permettre de résoudre la tension qui est néée. Dans les société archaïques, la violence est détournée sur un  bouc émissaire dont le rappel de la mort renvoie au sacré et au religieux, et doit permettre d’éviter de nouveaux drames. L’irruption du judaïsme et surtout du christianisme permet de démasquer ce mécanisme sacrificiel, laissant paradoxalement les hommes sans la possibilité du sacrifice pour contenir la violence. Désormais, il n’y aurait le choix qu’entre l’Apocalypse (la « montée aux extrêmes ») ou le retournement de la réciprocité mimétique dans la relation à une juste distance de l’autre (en s’identifiant à lui, ce qui permet à la fois de sentir la ressemblance ET la différence entretenues avec lui). Ce serait l’objectif de la charité évangélique.

A ce titre, on peut considérer que la période 2003/2006 est celle de la « montée aux extrêmes » entre les militaires américains et les Sunnites, entre les Sunnites et les Chiites, et entre les leaders de chacun de ces groupes. Au fond, la proximité des protagonistes tout autant que la distance excessive qui peut se créer entre eux alimente la violence et la réciprocité. Quoi de plus parlant que de constater comment les patrouilles américaines de 2003/2004 alimentent le ressentiment des Sunnites, de même que la distance géographique entre les Sunnites d’Anbar et les Chiites du Sud n’empêche pas l’éclatement de la guerre civile en 2006, à l’initiative des moins « nationalistes » des Sunnites, c’est à dire AQI. Dans un autre ordre d’idée, le retrait des Marines de Falloujah à la fin avril 2004 alimente une montée aux extrêmes qui culmine dans la destruction de la ville lors des combats de novembre et dans le ressentiment durable des populations civiles. A noter que prolifèrent les figures du bouc émissaire, que ce soit la population civile ou même les militaires américains eux-mêmes.

Evidemment, il faut une sociologie fine de l’action des militaires américains pour déceler tout ceci autrement que par les généralités citées plus haut. C’est ce à quoi je m’emploie dans le cadre de ma thèse.

Inversement, le rapprochement entre Sunnites et militaires américains serait rendu possible à la fois par la trop grande proximité entre AQI et les groupes de la « Résistance Nationaliste » et par la facilité avec laquelle AQI deviendrait à son tour le bouc émissaire de la violence en Irak. On peut dire la même chose pour SADR, celui-ci réconciliant contre lui l’ensemble des autres partis et mouvements chiites, tandis que les Américains utilisent contre lui l’ambigüité des mots (« éléments criminels », « groupes spéciaux pro-iraniens »). Là encore, ce mouvement tournant la violence contre des éléments qu’il faut discriminer (c’est le principe de la « contre-insurrection »: séparer les insurgés de la population demande une action sur la population -son contrôle physique et politique, voire biopolitique- et sur les insurgés -le renseignement, l’élimination, le retournement) permettrait la réconciliation temporaire de la majorité des Irakiens avec « l’occupant » américain.

Un troisième élément important tient dans la « contre-insurrection » elle-même. On peut dire qu’elle a, pour le moment, tourné le dos à l’emprunt mimétique des méthodes de l’adversaire (on distingue encore la « contre-terreur » dans certains éléments d’intimidation ou bien dans les raids contre les responsables insurgés) pour tendre à régler le double problème de la trop grande proximité (voir un soldat patrouiller dans votre quartier peut susciter du mimétisme, soit une oscillation entre l’admiration/crainte de sa domination d’une part et la haine de l’occupant d’autre part) et de la trop grande distance (distance culturelle, distance physique de l’enfermement dans les FOB, distance relationnelle du casque, des lunettes de soleil et de l’arsenal du guerrier). Sans compter qu’insurgés et contre-insurgés sont dans une rivalité forcément mimétique, puisque leur « terrain » d’affrontement est la population.

Au fond, lorsque je pensais qu’une des clés du retournement tenait à la PRESENCE, je ne pensais pas encore, mais je l’entrevoyais seulement, qu’il s’agissait du moyen pour éviter ces deux écueils, chacun créant de la réciprocité. Il est étonnant de voir aujourd’hui certains progressistes et libéraux américains revendiquer les succès de PETRAEUS comme les leurs, au motif que celui-ci aurait tourné le dos aux tactique brutales des années précédentes pour choisir une stratégie « humanitaire ». Cela signifie donc qu’il y a une part d’incompréhension sur la contre-insurrection: jusqu’ici considérée comme un élément cynique de la « doctrine de sécurité nationale » depuis la guerre froide, elle deviendrait un outil apparemment efficace pour apporter l’unité au niveau local. La PRESENCE manifestée par l’implication physique, psychologique et culturelle des Américains ne conduit pas à la trop grande proximité de 2003 et elle évite la trop grande distance de 2006. Bref, boire un thé avec les cheiks locaux, assurer la sécurité, offrir des micro-crédits, faire un recensement et former l’armée irakienne semblerait avoir, pour un temps, conduit à ralentir la montée de la violence entre les protagonistes. Pour un temps seulement, car, selon GIRARD, on ne peut contenir la violence. En la différant, on risque même de la voir éclater avec une plus grande puissance. A moins que l’on n’estime que l’action menée par les militaires américains depuis 2007 n’ait, dans une grande partie de la population sunnite, conduit à créer de la RELATION entre les protagonistes. C’est peut-être une explication plus valable du « tournant » de 2007: l’identification des Américains aux griefs d’une grande partie de la population sunnite et, en retour, l’identification de nombreux sunnites avec le combat des Américains pour la « stabilisation ».

Un dernier mot sur ce terme: dans l’interprétation que donne GIRARD de l’oeuvre de Clausewitz, il déduit de la supériorité de la défense sur l’attaque un paradoxe apparent. Ce serait le défenseur qui chercherait la guerre et l’attaquant qui souhaiterait la paix. En effet, le défenseur fait la loi de l’attaquant et, par ailleurs, réagira par une contre-attaque aux volontés stabilisatrices de l’agresseur. N’est-ce pas ce que nous avons vu en Irak? Ne serait-ce pas là la vraie signification de la « doctrine de l’anticorps », qui ne reposerait pas sur l’alterité culturelle, mais sur la réciprocité mimétique? Entre 2003 et 2006, de nombreux irakiens, notamment les Sunnites, ont réagit à l’irruption des Américains par la violence. Ce que nous comprenons comme une réaction nationaliste ou identitaire (et sans doute on peut la lire ainsi) serait surtout un refus de l’ordre violent imposé par l’occupant. Ce serait une réaction mimétique, à l’instar du « jihadisme international » de Al Qaeda convoquant sans cesse les « Croisades » comme justification de sa « guerre défensive contre l’Occident ».

Au contraire, à partir de 2006, les Américains sont dans une position de défense (pas seulement au sens tactique où ils n’ont plus l’initiative, mais aussi au sens qu’ils cherchent à leur tour à contester « l’ordre » des milices en Irak). En ce sens, le « sursaut » est une contre-attaque dans les règles de l’art. La recherche de la stabilisation est un vain mot: il a fallu déranger les ordonnancements locaux, en promouvant certains acteurs et en en excluant d’autres comme « boucs émissaires », pour aboutir à la situation actuelle, laquelle est bien sur pleine de danger. Je concluerais ainsi sur les élections provinciales prévues dans un mois et demi: au sein de chaque communauté, notamment les Sunnites, le potentiel de violence existe du fait de la concurrence croissante entre les « nouveaux venus » (les leaders du Sahwa) et les partis déjà installés (le Parti Islamique Irakien). Là encore, le risque du chaos peut conduire à « sacraliser » la violence en la canalisant sur un « bouc émissaire ». Cela pourrait être les Américains…..

8 réflexions sur “Proximité et indifférence: la « montée aux extrêmes » en Irak

  1. J’ai commencé aussi le bouquin de Girard mais rien n’y fait.Quelque chose me fait profondément tiquer.Oui Clausewitz a dit qu’il y avait « action reciproque », oui il y a une « montée aux extremes » .

    Mais Girard semble croire que les raisons qui poussent Clausewitz à considérer comme théorique cette monté ne sont qu’un prétexte, que ce n’est pas la peine de s’y attarder.

    Je trouve ça très ennuyeux car le problème de Clausewitz est tout à fait valide.De fait, on ne monte pas toujours aux extrêmes….

  2. Il faut aller plus loin dans le livre. L’Histoire nous enseigne que la montée aux extrêmes est loin d’être une simple théorie. Ce qui ne veut pas dire que l’on est pas capable de l’inverse…
    Girard appelle à lancer des recherches dans ce domaine. Même si ce n’est pas mon objectif, je pense que ce que l’on observe en Irak entre les militaires américains et les « insurgés » s’apparente à cette mise à distance qu’il appelle identification. Ainsi, la montée aux extrêmes, si il est bien contenue dans la « guerre totale » que perçoit Clausewitz, peut peut-être ultimement être combattue….
    Mais je partage votre sentiment. L’interprétation de Girard demande peut être à être creusée et mûrie.

  3. Fascinant !

    C’est une chose que de connaître la théorie de Girard, sur le plan intellectuel, mais c’en est une autre que de la voir ainsi appliquée, et avec un brio et une clarté remarquable, à un conflit contemporain aussi complexe que la – ou plutôt « les » – guerre(s) d’Irak.

    Chapeau bas, cher ami…

  4. Non François, je ne me trouve pas aussi clair que tu ne le dis….
    En fait, j’ai pensé à la remarque de Zeus toute la matinée. Girard dit que la « politique court après la guerre », c’est à dire que la montée aux extrêmes est difficile à contrer. Dès lors en effet que le politique parvient à limiter ses objectifs et à abaisser ainsi la tension, il ne fait que différer la montée aux extrêmes et la rendre plus redoutable encore. Et puis, comme nous l’enseigne le cas irakien, et comme le dit aussi Joseph (HENROTIN) depuis très longtemps, aujourd’hui ce sont les moyens militaires qui dictent les fins, ou plutôt les fins s’ajustent à cette « stratégie des moyens ». Ainsi, la décision d’envahir l’Irak s’est appuyée largement sur les débats concernant la « Transformation », nouvel avatar de la RMA, « mythe » arraisonnant encore plus la technique au monde (ou technologie, au sens de « discours sur la technique »)
    J’irais même plus loin: la plupart des politiques publiques aujourd’hui (ce à quoi se résume de plus en plus la politique à mon goût) se réduisent à penser les moyens, les solutions techniques, au lieu de discuter et de remettre en cause les fins poursuivies: nos ambitieux objectifs « biopolitiques » demandent simplement, en cas d’obstacles, à penser de nouveaux moyens pour surmonter ces derniers, au lieu de penser une plus grande humilité desdits objectifs.
    Girard pense que seul le retournement de la réciprocité en relation, de la proximité à la présence, du sacré au divin, peut permettre de combattre cette montée aux extrêmes dont la « course aux moyens techniques » est une illustration tragique: la politique court après la violence et la guerre.
    En Irak, il semble qu’un tel retournement s’accomplisse à travers l’identification des Sunnites (et d’autres Irakiens) avec les Américains et vice-versa. Peut-être est-ce un acquis de l’expérience mais désormais on sent une réelle relation entre ces composantes, au lieu d’une réciprocité mimétique qui n’avait cessé de monter aux extrêmes entre 2003-2004 surtout (de manière immédiate) puis entre 2005-2006 (de manière différée). En ce sens, le « sursaut », en tant que contre-attaque, aurait pû produire davantage de violence encore de la part des insurgés. Or, si l’on excepte les ajustements tactiques et les évolutions de ces derniers, ce n’est pas le cas. Il faut donc insister sur les changements tactiques comme passage de la réciprocité (ex: les « accidents dans l’escalade de la force » en 2003/2006) à la relation (ex: les relations avec les cheiks, la reconstruction de la gouvernance locale, la sécurité de la population).
    Inversement, la tension liée à l’action réciproque n’a cessé de croître entre les composantes irakiennes sur un mode classique (celui de la création d’identités « communautaires » pensées en terme de différence irréconciliable avec les autres identités, alors même qu’il s’agit ici de mimétisme: chaque groupe ne désire que ce que les autres désirent ou seraient susceptibles de désirer). On peut donc dire que c’est la proximité et la ressemblance des différents protagonistes irakiens qui ont embrasé la guerre civile.
    Enfin, le cas d’AQI est intéressant: sa proximité croissante avec les tribus sunnites d’Anbar a causé sa perte. Ces dernières ont en effet pu produire de l’identification avec les Américains car elles ont eu la possibilité de comparer les deux modèles (le jihadisme, l’américanisme). Alors qu’elles n’étaient fascinées que par le second en 2003/2004 (réciprocité mimétique engendrant une violence croissante), elles ont oscillé entre les deux en 2005/2006 avant de mettre à distance correcte les deux modèles (mise à distance rendue possible par le fait que, en ANBAR -contrairement aux autres régions d’Irak-, les Marines n’ont jamais cessé d’être présents tout en évitant d’être trop proches…..).

    Voilà, je ne sais pas si c’est beaucoup plus clair et j’attends les critiques (même négatives) avec impatience🙂

  5. Stéphane,

    Deux remarques, l’une sur ton travail, la seconde sur la réflexion, la théorie girardienne.

    Tout d’abord, il est parfaitement naturel, et même tout à fait sain que tu souhaites encore clarifier ta pensée… Le jour où tu nous diras : c’est comme ça, et pas autrement, je m’inquiéterais… En ces matières, on tâtonne, on explore, et c’est faire preuve de sagesse que de « sentir » que l’on pourrait aller plus loin et/ou faire mieux. Du reste, c’est aussi à cela que sert en partie un blog, me semble-t-il : proposer, essayer, expérimenter, mettre ses idées au clair puis reprendre l’ouvrage au gré de ses découvertes et cogitations. Néanmoins, pour suivre une partie de ton travail, ici et au travers de tes publications, je pense, et c’est assez impressionnant à suivre, comme toute pensée qui se déroule, que les choses d’étoffent et se clarifient. C’était le sens de mon premier commentaire.

    Sur René Girard, maintenant. Je vais être clair, pour le coup : je connaissais sa pensée avant son dernier livre et celui-ci ne m’a pas emballé plus que cela. Tout d’abord, il est non seulement difficile à lire (mais Girard a toujours eu un style peu plaisant), mais aussi difficile à comprendre : s’il s’agit d’une lecture intellectuellement stimulante, l’auteur n’a pas vraiment consenti d’efforts pour se rendre clair et accessible. Ce côté « touffu » m’a dissuadé d’en tenter une recension sur mon blog, de peur de m’égarer, d’égarer les lecteurs et, finalement, de trahir l’auteur.

    Ensuite, et sur la théorie girardienne en elle-même dont « Achever Clausewitz » n’est au fond qu’un appendice, je dirais qu’elle est intéressante, mais qu’elle n’est que cela, une théorie : oui, la « rivalité mimétique » est un mécanisme fascinant et que l’on peut observer en vraie grandeur dans la réalité ; de même que la figure du « bouc émissaire » et le décryptage du sacré, l’apport du christianisme en particulier, élèvent l’auteur au-dessus de certains penseurs trop matérialistes en tâchant de prendre rationnellement en compte la part mystique et éternelle de l’homme, un intérêt pour le religieux qui est la cause probable du long ostracisme dont a souffert Girard sous nos latitudes. En ce sens, il nous offre des pistes pour penser la violence, mais sont-elles suffisantes pour « penser » la guerre ? Car Girard est d’abord et avant tout un anthropologue, un sociologue, et non un stratégiste… Ces derniers pensent la guerre comme un acte social et politique : ce déchaînement épouvantable de violences et de passions ne peut se comprendre que si l’on va fouiller dans les intérêts collectifs les plus profonds de l’être humain agissant en communauté. Pour Girard, on a parfois l’impression que la guerre n’est que l’accumulation d’une somme épouvantable de furies individuelles dont la montée aux extrêmes devient donc intrinsèquement incontrôlable et d’ailleurs inscrite dans le mécanisme lui-même.

    Mais cela est-il vrai dans la réalité ? Je pense que non et, dans ce sens, je rejoins tout à fait le commentaire de Zeus, et j’irais même plus loin : en prêtant à Clausewitz des intentions qu’il n’a pas exprimées, Girard peut lui faire dire presque n’importe quoi et, en l’occurrence, faire emprunter à sa pensée une voie qui, comme c’est pratique, rencontre la sienne. Ce n’est pas scandaleux, mais on est en droit d’avoir des doutes sur un tel procédé qui offre surtout l’avantage de venir coller avec la vision « apocalyptique » de Girard.

    Je reste, pour ma part, clausewitzien plus que girardien : la montée aux extrêmes, cette ultime et décisive tentation de la guerre qui devient absolue, reste un avertissement du maître prussien et un développement que l’on peut, que l’on doit contrarier. Et, du reste, l’Histoire semble prouver qu’on le fait…

    Pour en revenir à tes recherches, je pense que, dans le cas Irakien, tu as touché juste avec la rivalité mimétique ainsi qu’avec le bouc émissaire. Pour autant, et vu mes préventions exprimées plus haut, je ne suis pas certain que la vision girardienne de Clausewitz et de la montée aux extrêmes soit pertinente, ici comme ailleurs.
    Maintenant, on peut naturellement en débattre même si, et la longueur indécente de ce commentaire le prouve bien, c’est un fort vaste débat.

    Amicalement et bonne continuation.

  6. Merci François de me ramener sur terre… Evidemment, il faut prendre ses distances avec l’oeuvre de Girard pour lui donner sa juste place dans la réflexion: une théorie!
    Je pense tout de même que son avertissement majeur doit porter le stratégiste (même si au niveau tactique, on le sait bien puisque l’on « raisonne l’ennemi » avant de penser son idée de manoeuvre): il faut cesser de croire à l’autonomie de notre désir..

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