Plus sur les Transition TF

Outre la 3ème brigade de la 101ème division aéromobile du colonel CARACILLO, la pratique des « brigades ou bataillons organiques de transition » est aussi visible dans la province d’Anbar.

Un reportage de terrain du Long War Journal nous conduit ainsi sur les pas du 1er bataillon du 9ème régiment de Marines dont le surnom, « la mort ambulante », reflète d’avantage un esprit guerrier qu’un ensemble de militaires chargés de former et de superviser les unités de police et de l’armée irakiennes.

Opérant à Ramadi, la capitale provinciale marquée par quatre années de combats incessants, notamment autour de l’hôtel du gouvernement provincial, le bataillon a été réorganisé pour sa tâche.  Ainsi, trois des quatres compagnies organiques ont été dissoutes et reformées sur la base de 35 équipes de conseillers destinés à suivre la police locale et provinciale. Tandis que la 4ème compagnie reste en réserve.

Signe des temps, le bataillon couvre l’ancienne zone d’opération de la 1ère brigade de la 1ère division blindée du colonel Sean McFarland. Et ce sont les Irakiens qui semblent mener les opérations de police contre les cellules dispersées des insurgés.

Cet exemple reflète aussi les problèmes organisationnels et identitaires qui traversent le Corps des Marines. En effet, le bataillon est la conséquence du compromis bureaucratique obtenu entre les services et le Président Bush en 2006: déployer de nouvelles brigades contre un accroissement des effectifs du Corps et de l’Army. Le résultat est une unité qui a connu un an de formation et d’entraînement, alors que le cycle traditionnel d’une unité du Corps repose sur une fréquence de 7 mois: 7 mois d’entraînement et de mise en condition, 7 mois en projection opérationnelle.

Or, cette nouvelle organisation tranche avec la tradition des unités d’infanterie organisées autour des sections à 45 pax et des groupes de combat à 12 pax.

Outre le problème de structure, la nature de la mission tranche elle aussi avec un ethos guerrier fortement marqué au sein des Marines. Quelles conséquences à long terme les engagements en Irak et en Afghanistan auront-ils sur la culture du Corps? En effet, les Marines s’organisent eux-mêmes dans une perspective de « survie » qui exige d’éviter les redondances. En conséquence, une identité guerrière « d’élite » et un souci permanent d’adaptation sur le terrain sont des nécessités constantes.  On pourrait s’attendre à ce que le Corps choisisse de se spécialiser dans les « petites guerres », notamment parce qu’il cherche à créer un corps permanent de conseillers militaires. En revanche, le coût psychologique de l’abandon des structures traditionnelles et de la culture de la « force 911 de l’Amérique » pourrait être plus important que celui d’une profonde mutation vers les fondamentaux de la contre-insurrection, dont les conseillers militaires permanents semblent faire partie. La culture de l’innovation dont les Marines sont si fiers n’est en effet bien souvent qu’un conformisme tendant à reproduire l’image d’un Corps expéditionnaire agile et destiné à se retirer une fois les combats de haute intensité terminés. Dès 2003; le Commandant du Corps HAGEE insistait sur le retrait le plus rapide, idée déclinée aujourd’hui par le Commandant CONWAY lorsqu’il souhaite une réorientation vers l’Afghanistan où l’on se bat davantage. Au contraire, des « innovateurs » tels que le général MATTIS ou Franck HOFFMANN semblent vouloir capitaliser sur « l’héritage des petites guerres » pour demander une adaptation réelle.

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