Contre-insurrection, règles d’engagement et mobilité urbaine

Un récent article du journal anti-américain Azzaman portant sur la situation réelle de la sécurité à BAGDAD a attiré mon attention. Il explique que les attaques à la voiture piégée ou les tirs de snipers contre les forces irakiennes seraient en hausse en dépit d’un récent redéploiement des unités de la Police Nationale et de l’Armée dans la capitale (annonce que j’avais faite il y a quelques semaines). Selon le journal, un résident est cité disant que « le seul signe d’une relative sécurité est que moins d’Américains sont tués. Autrement, presque tout le reste est identique à avant« .

Qu’en penser? Je ne suis pas à Bagdad et j’ai quand même remarqué ces derniers temps que ces évènements se multipliaient (par les communiqués de la Coalition ou les dépêches de Iraq Updates.) Cependant, j’ai déjà indiqué qu’il pourrait simplement s’agir d’une campagne de « meurtre et d’intimidation ».

En revanche, deux détails (si l’on veut car apparemment ce n’en sont pas pour les automobilistes bagdadis) ont retenu mon attention:

-les militaires irakiens sembleraient adopter des postures agressives vis à vis des voitures s’approchant trop près de leurs convois. En cela, l’auteur n’a pas tort (même si il l’attribue abusivement aux Marines qui ont définitivement acquis une image de « brutes épaisses » dans l’imaginaire arabe): ce type d’attitude a souvent conduit par le passé à des accidents dûs à « l’escalade de la force » (comme on dit dans le jargon des militaires américains: « Escalation of Force incident » ou EOF). L’impératif de la protection de la force ne doit pas conduire à victimiser la population civile, faute de quoi on s’en coupe. Par ailleurs, sont-ce là des procédures héritées directement des formateurs américains de ces unités, ou bien d’un mimétisme par rapport aux EOF de 2003/2004, ou encore une réaction « naturelle » de la part d’une troupe prise à partie par un ennemi invisible (les snipers…)

-un second détail renvoie à la croissance corollaire des embouteillages lorsque des opérations de sécurité ont lieu. En effet, la police et l’armée utiliseraient les méthodes apprises par les Américains, à savoir les barrières, les points de contrôle, le procédé bouclage-ratissage, toutes susceptibles de bloquer l’indispensable mobilité des citadins. Or, la mobilité des villes en guerre est souvent perturbée, au point de redéfinir la géographie de la ville, voire d’étouffer la vie urbaine. Ce qui serait signer la victoire des insurgés….

Et ce qui signifie que la présence américaine est d’autant plus importante pour gérer la transition.

Une réflexion sur “Contre-insurrection, règles d’engagement et mobilité urbaine

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