Quelques liens

Durant l’été, quelques documents sont parus qu’il me semble important de faire connaître aux lecteurs maitrisant la langue de Shakespeare (ou plutôt de NAGL et KILLCULLEN):

  1. A tout seigneur, tout honneur, le Combat Studies Institute a enfin fait paraître le deuxième volume de On Point, histoire officielle de l’US Army en Irak. Reporté depuis un an, ce tome couvre la période allant de mars 2003 aux élections de janvier 2005. Outre une réflexion approfondie sur la chronologie et l’enchaînement des évènements, le livre offre d’excellentes remarques sur les différents facteurs ayant conduit à l’essor de l’insurrection et aux premiers succès de la contre-insurrection. Précaution utile: il s’agit d’une histoire -et partant d’une narration- officielle.
  2. Le COIN CENTER combiné des Marines et de l’Army a mis à jour sa base de données sur la contre-insurrection, offrant l’opportunité de lire Defense of Jisr Al Doreea. En outre, d’intéressantes présentations PowerPoint permettent de saisir les réflexions conceptuelles en cours au sein du centre.
  3. Pour terminer ce rapide tour d’horizon, je signale deux tables rondes organisées par le Pentagone entre des bloggueurs et des responsables américains en Irak: la première avec le dirigeant de l’équipe de conseillers des services de renseignement irakien, la seconde avec son homologue des équipes de contre-terrorisme.
  4. Je termine avec le plus étonnant: à quelques mois des élections US, le Département de la Défense vient de faire paraître une National Defense Strategy (NDS 08). Ce document est doublement détonnant: d’abord parce qu’il paraît à un moment pour le moins incongru: comme si Robert GATES pensait être reconduit, ou alors comme si il pensait que son successeur lui emboîtera le pas quoiqu’il arrive. Ensuite car il marque à mon sens une transition: si le ton reste proche de la version précédente, il présente quelques nouveautés dignes d’être relevées.
  • tout d’abord, les objectifs ont changé: si la protection du territoire national reste une priorité, la promotion de la sécurité fait une entrée remarquée tandis que la prévention des conflits (ou leur dissuasion) et la « longue guerre » apparaissent comme des éléments essentiels.
  • la méthode tranche également avec la NDS précédente très « Rumsfeldienne » (notamment car « fondée sur les capacités » plutôt que sur les menaces).
  • surtout, la contre-insurrection, même si le mot ne fait qu’une occurrence, devient une stratégie en soi. Je m’explique: le concept de « longue guerre » est plus qu’une description rationnelle et objective de l’environnement stratégique. En réalité, il permet de lire le contexte mondial dans l’optique d’une confrontation qu’il s’agit de gagner contre le terrorisme et le fondamentalisme islamiste. Il ne s’agit pas seulement de « stabilisation » (terme français) mais bien de « contre-insurrection » (l’insurrection n’étant pas seulement un « procédé » de l’ennemi mais bien l’ennemi lui-même, insurgé contre le rôle dominant des Etats-Unis).
  • Autre élément intéressant: les moyens d’actions (influence, dissuasion, alliance, sécurité stratégique) changent peu par rapport à la mouture 2005, à l’exception de l’accentuation sur l’interarmisation (ou l’interarméité, je ne sais lequel de ces néologismes finira par échouer dans nos dictionnaires). C’est certes un thème ancien mais sa réapparition en 2008 me semble liée à la contre-insurrection et à l’expérience irakienne.

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