Encore Gian (GENTILE).

J’apprécie énormément Gian GENTILE. Outre sa gentillesse et son savoir-vivre, il est l’exemple d’un officier qui mêle expérience de terrain (2 rotations en Irak en 2003/2004 et 2006) et réflexion intellectuelle (il enseigne l’Histoire américaine à West Point). Mais il est également un penseur « marginal » au sein de l’Army du fait de sa contestation systématique de la vision dominante de l’Histoire des récents succès US en Irak. J’en veut pour preuve cet énième article publié dans World Affairs dans lequel il reprend deux de ses thèmes favoris:

  • les procédures et les tactiques, sans parler de la stratégie, mises en oeuvre en 2007/2008 étaient déjà potentiellement présentes en 2003. Je ne peux lui donner entièrement tort, même si, à mon avis, il manquait cette approche « Galulienne » de la sécurisation de zone. Pour faire court, si les forces US étaient bien présentes « au sein des populations » dès 2003, elles l’étaient en faible nombre et surtout sans véritablement d’opérations de contrôle de la population. D’ailleurs, la montée de l’insurrection est clairement interprétée à compter de 2004 comme la résultante d’une présence jugée intrusive. Par voie de conséquence, les forces US quittent les villes pour s’enfermer dans des bases avancées à partir desquelles elles lancent des opérations de harcèlement. Le résultat: le renseignement n’est pas meilleur (il est même plus rare), les déplacements sont prévisibles, et les opérations de ratissage n’aboutissent à rien.
  • Son deuxième thème est connexe: les forces US ne sont pas responsables de l’amélioration de la population. Plus exactement, il faut prendre en compte des facteurs externes, comme le mouvement du « Réveil » sunnite ou encore le cessez-le-feu de l’Armée du Mahdi (difficilement reconduit en février 2008 puis, après les offensives du gouvernement sur BASSORAH et SADR CITY, à la fin du mois de mai de la même année). Cela est certes vrai. Toutefois, tant la « retribalisation » de la société sunnite que l’essor de Moqtada SADR sont les conséquences de la présence et des actions US. On peut donc donner crédit à celles-ci des améliorations positives tout autant que de les blâmer pour les conséquences négatives. Reprenant l’expression de Gilles DORRONSORO, ne pourrait-on pas d’ailleurs parler de la « révolution irakienne » pour désigner les changements sociaux intervenus depuis 2003?

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