De retour…

Après 10 jours très instructifs… et avec une résolution que je compte tenir: étant donné les projets actuellement en cours, je ne compte publier sur ce blog qu’une ou deux fois par semaine… Que cela n’empêche personne de continuer à consulter les quelques 180 articles déjà présents.

En attendant, quelques nouvelles des différents fronts de la guerre en Irak. En effet, entre 2003 et 2007, il y a eu trois guerres en Irak: des actions de contre-rébellion dans le Triangle Sunnite, de la maîtrise de la violence dans les régions chiites, et enfin des combats de haute intensité dans les bastions urbains tenus par l’insurrection sunnite alliée à Al Qaeda en Irak (AQI).

En ce début de printemps 2008, les enjeux se sont déplacés:

  • dans le Triangle Sunnite, nous sommes plutôt dans la maîtrise de la violence puisque tant la TF MARNE (Division Centre) que la Force Expéditionnaire des Marines (Division Ouest-province d’Anbar) basculent lentement vers le pôle « Assistance ». C’est ce que révèle par exemple cette table ronde avec les blogueurs du colonel Patrick MALAY, qui commande le Regimental Combat Team-5 (RCT, équivalent au sein des Marines de la Brigade/BCT de l’Army). C’est également le cas dans la ville, cruciale, de BAYJI, située dans la province de SALADIN (Division Nord) dans laquelle la protection des infrastructures et la provision de services essentiels est devenue l’effort majeur du bataillon de la 101ème Air Assault qui en a la charge.
  • Aux marges, la contre-rébellion continue selon le schéma tactique de contrôle du milieu dans la ville de MOSSOUL, dernier bastion d’AQI. Le procédé d’installation au sein des avants-postes (COP) se poursuit pour gagner progressivement le contrôle de la cité. C’est le cas du COP SHAN au NE des ruines de NINIVE. Là comme ailleurs, les attaques indirectes d’AQI contre les militaires américains et les ouvriers irakiens ont échoué à gêner « l’enkystement » des contre-insurgés au sein des populations.

Parallèlement, la conquête de la route de TELL AFAR a permis d’isoler les groupes d’AQI des flux de volontaires étrangers transitant par la Syrie.

  • les combats de haute intensité concernent donc désormais la milice chiite de Moqtada AL SADR (les Jaysh al Mehdi-JAM ou « Armée du Mahdi »), bien que les officiels américains et irakiens s’en défendent en prétendant cibler les « éléments criminels » et « hors-la-loi » de la milice. Plusieurs éléments sont à prendre en compte:
    • la ville de BASSORAH est désormais aux mains des forces irakiennes puisque le dernier bastion des JAM (AL HAYYANIYAH) est tombé la semaine dernière. Cela ne signifie nullement que la sécurité est acquise. Il faut donc attendre pour savoir comment les phases suivantes vont s’effectuer. Il importe en revanche de signaler que l’Iran a officiellement soutenu les opérations décidées par le Premier Ministre AL MALIKI et lancées le 25 mars dernier.

    • En revanche, SADR CITY demeure un champs de bataille contesté entre les JAM et les forces américaines. Ces dernières ont entamé la constructions de murs de protection destinés tout autant à isoler le quartier qu’à empêcher l’infiltration de miliciens dans les alentours. Le problème semble désormais celui des services essentiels pour séparer effectivement les JAM des habitants de ce quartier pauvre. En effet, si l’intimidation reste un procédé essentiel pour s’assurer l’allégeance des habitants du quartier, la milice de SADR opère davantage sur le modèle du HEZBOLLAH en étant à la fois l’aile armée de son parti politique et le protecteur désigné des populations chiites de ce quartier particulièrement déshérité de la capitale. On a parfois l’impression de voir se répéter les erreurs de 2003, lorsque l’ennemi était le point focal du mode d’action des forces au niveau tactique. De fait, si les Américains cherchent à assurer la continuité des services publics au sein de SADR CITY, force est de constater que l’usage de la force -même plus discriminé qu’en 2003- risque de produire les mêmes effets qu’alors. A tout le moins, si les habitants ne se sentent plus tenus d’appuyer AL SADR, ils ne seraient pas pour autant devenus les alliés des Américains. Il faut également se souvenir que les opérations ont continué à SADR CITY après la trêve du début d’avril du fait des attaques indirectes des JAM contre les missions d’assistance menées par les Américains.

    • Enfin, sur le plan politique, AL SADR a menacé d’une « guerre ouverte jusqu’à la libération ». La posture déclaratoire est connue et peut être interprétée comme une tentative désespérée de montrer que le jeune clerc reste une menace, ou alors comme le début d’un embrasement d’une partie des Chiites. D’autant que le contrôle de la population par les adversaires politiques de SADR n’est pas évident. Et sans compter aussi que le soutien des Chiites aux Américains est loin d’être aussi évident que l’on pourrait le croire (les Sunnites semblant avoir définitivement basculé dans l’alliance, voire l’allégeance locale aux Américains): Le ministre des Affaires Etrangères, Hoshyar ZEBARI, vient en effet d’indiquer que l’accord bilatéral entre les Etats-Unis et le gouvernement irakien sur la sécurité posait problème car il semblait indiquer une souveraineté limitée et une indépendance de facto des unités américaines dans ce dernier domaine.


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