Remarque…

Courte méditation:

-en contre-insurrection, la sécurité/stabilité se reconstruit « par le bas ».

-dans une guerre civile ou du Nation Building, il est nécessaire de le faire « par le haut »…..

Les Américains en Irak font de la contre-insurrection, du Nation Building et tentent d’enrayer une possible guerre civile….. (de la STABILISATION)

Question: les deux processus sont-ils compatibles? Si oui, comment les équilibrer?

6 réflexions sur “Remarque…

  1. « dans une guerre civile ou du Nation Building, il est nécessaire de le faire “par le haut”….. »

    Dans ce cas là, peut-on l’affaire de Bassora comme une étape plus ou mains heureuse de Nation Building « par le haut »?

  2. Je pense qu’il faut encore nuancer:
    -le Nation Building se fait par le haut et par le bas
    -la guerre civile demande de la réconciliation au niveau local mais surtout au niveau national

    Autrement dit, ma remarque est fausse: tout deux nécessitent des proportions variables de processus « top-down » (par le haut) et « bottom-up » (par le bas).

    Pour répondre à votre question: je crois que l’affaire de BASSORAH illustre surtout les difficultés d’une réconciliation nationale en Irak… Plutôt moins heureuse que plus dans le cas qui nous occupe

  3. J’aurais tendance à croire que les deux ne sont pas incompatibles loin de là mais que la contre insurrection intervient effectivement dans un processus bottum-up. Le nation building par ailleurs est une notion assez vague et vaste. Il est très volontariste et repose en général sur une vision libérale ou constructiviste de la réconciliation ( c’est à dire par le marché ou par les identités en schématisant un peu) dans un sens top-down. Les réalistes critiquent cette vision, estimant que le nation building relève de la résolution des conflits et non de la gestion de ceux-ci et que cela est assez vain.
    Je croit que la contre-insurrection s’inscrit plus dans un schéma de gestion des conflit, où l’on s’efforce de neutraliser les insurgés par des moyens militaires ou non en quelque sorte en leur coupant l’herbe sous les pieds (réformes qui neutralisent les revendications initiales…) plus qu’en s’efforcant de changer les esprits.

  4. La contre-insurrection relève largement de ce que vous décrivez (neutraliser les revendications initiales). Mais j’avoue que la définition officielle américaine me semble assez juste et précise puisqu’elle insiste en effet sur les compétitions en cours entre les insurgés et les contre-insurgés.
    Le contre-insurgé est donc dans la gestion du conflit tout en étant déjà dans la résolution de celui-ci: il lui est nécessaire de se projeter dans cette phase ultime (cf. la doctrine de Stabilisation française). C’est problématique en ce sens où il s’agit donc d’influencer la population (mais aussi l’ennemi) dans le sens de la normalisation et de la légitimation du pouvoir « loyaliste ». Il faut donc associer aux actions « négatives » (séparer les insurgés de la population) des actions « positives » (tenter de persuader que le camp que l’on défend doit être rejoint).
    Or, dans le cas irakien, force est de constater que les Américains sont coincés entre le fait de jouer leur propre jeu (ce qu’ils réussissent plutôt bien au niveau local dans le Triangle Sunnite et les marges chiites des « ceintures » méridionales de Bagdad) et légitimer le gouvernement MALIKI (dont la légitimité est douteuse: je crois qu’ici le jeu des identités est assez pertinent puisque MALIKI ne sera légitime -ou ne pourra prétendre à apparaître tel- que lorsqu’il jouera au Premier Ministre de l’Irak et non au chef du Parti DIWA en compétition avec les milices de SADR)….
    Donc, l’équilibre « top-down » (réconciliation nationale) et « bottom-up » (reconstruction de la sécurité par la légitimité « locale » des contre-insurgés de la Coalition -c’est à dire pas les Irakiens) est délicat. Sur le plan militaire, nul doute que l’initiative a été reprise par les Américains dans le courant de l’année dernière grâce à un semblable équilibre de la contre-insurrection (entre centralisation et décentralisation). Mais sur le plan politique, ce schéma ne semble pas reproductible….

  5. Oui, enfin il n’y a pas si beaucoup de différence entre un système politique inclusif et représentatif et les résultats finals de contre-insurrection quand des institutions de sécurité locale, reconstruites par le bas, fonctionnent bien, et elles sont créés en parallèle avec un processus de reconciliation nationale.
    Le problème, naturalement, c’est trouver un équilibre jusqu’au ce moment-là, afin d’y arriver.

  6. Un autre problème, Péter, tient dans l’articulation que vous décrivez: les institutions de sécurité locale fonctionnent bien mais pas le processus de réconciliation nationale..
    Mais vous avez raison (comme tout ceux qui précèdent): les deux processus ne sont pas incompatibles.
    Cordialement et bienvenue sur le site.
    Stéphane TAILLAT

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