MARNE RUGGED: mise à jour.

Marne Rugged est l’opération lancée par la 4ème Brigade de la 3ème Division d’infanterie (TF VANGUARD) pour nettoyer la rive droite du Tigre des restes d’AQI.

Dès le jour-j (15 mars), une première Patrol Base, la PB SUMMERS, a été établie par la compagnie A du 2ème bataillon du 69ème régiment blindé sur les ruines d’une ancienne base aérienne à proximité de la ville de As SUWAYRAH (au Sud de SALMAN PAK). Accueillant la compagnie américaine et une compagnie irakienne, la PB SUMMERS est donc le principal point d’appui à la « pacification » de la région.

AO Vanguard mars 2008
Pendant que certaines sections aménagent la base, une section américaine et son équivalent de l’Armée irakienne sont entrées en contact avec la population locale (patrouilles) et des rencontres ont eu lieu avec les autorités tribales. Toutes les maisons ont été visitées et des premiers renseignements d’ambiance ont été collectés (notamment pour répertorier toutes les armes présentes au sein de la communauté).

S’éloignant des zones peuplées du centre de l’Irak, les Américains ont du adapter le système des avant-postes, entourant la base de bunkers et de positions creusées dans le désert environnant. Un autre ajustement notable: les matériaux et le ravitaillement ont été acheminés par voie aérienne du fait de l’éloignement des centres logistiques.

Toutefois, il est nécessaire de garder à l’esprit les avantages et les inconvénients de ces ajustements. Notamment, la raison d’être des avant-postes au sein des populations -occuper le terrain en lieu et place des insurgés et le soumettre à son tour à des actions surprises- est fortement diminuée ici: comme pour les FOB (Forward Operating Bases) situées hors des villes, les déplacements sont désormais plus vulnérables au renseignement ennemi et aux actions visant à interrompre les communications (IED notamment).

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Les élections provinciales se tiendront bien en octobre.

Hier, le vice-président chiite Adel ABDUL MAHDI a retiré son veto concernant la tenue d’élections provinciales pour le 1er octobre 2008.

Ces élections étaient prévues dans une loi passée par le Parlement irakien à la mi-février. Toutefois, le vice-président chiite s’était opposé au Président et à son collègue sunnite (formant la Troïka présidentielle) à la fin du mois, regrettant que la mesure ne donne trop de pouvoir au gouvernement central par rapport aux gouvernements provinciaux. Les officiels américains avaient alors souligné que cela montrait l’intériorisation progressive des procédés institutionnels de la nouvelle constitution, et qu’il ne s’agissait donc pas d’un revers.

Cependant, la récente déclaration du général PETRAEUS regrettant le manque d’engagement du gouvernement irakien et de la Troïka pour faire des progrès dans la réconciliation nationale avait déjà souligné le rôle critique de ces élections. En effet, il est crucial que la définition des relations entre le gouvernement central et les provinces soit établie au plus tôt. La « stabilisation par le bas » que l’on observe depuis le milieu de l’année 2006 (à ANBAR) puis dans l’ensemble du Triangle Sunnite a non seulement augmenté le pouvoir de facto des cheiks et des autorités locales, mais également permis la création de nombreuses milices chargées de missions statiques dans les zones « nettoyées ». De fait, il s’agit d’éviter le risque de l’éclatement du pays en de multiples enclaves autonomes. Il est cependant difficile de revenir sur les pouvoirs accordés à des personnalités tribales, notamment à ANBAR. L’avenir des miliciens recrutés à travers les programmes CLC/SoI est également problématique, même si il ne dépend pas entièrement de la forme future de l’Etat irakien.

Quoiqu’il en soit, il s’agit objectivement d’un pas dans la direction de la stabilisation du pays, alors même que la « fenêtre d’opportunité » ouverte par la campagne de 2007/2008 reste fragile.

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