Et le 1/15 infanterie.

J’ai déjà évoqué cette unité, la plus en pointe vers le Sud et opérant sur la rive gauche du Tigre (zone de SALMAN PAK).

Ses éléments demeurés dans le COP CARVER situés dans une boucle du fleuve au SE de la ville ont ouvert un marché sur leur zone. A l’aide des micro-crédits, les commerçants ont pu ouvrir de nouveau leurs boutiques dans le centre de la cité. Toutefois, l’initiative revient aux éléments de ce bataillon qui ont voulu dynamiser de nouveau une ancienne place commerçante.

Ainsi, les opérations de reconstruction et d’assistance « collent » au plus près aux opérations de combat et de sécurité qui dénient aux insurgés de perturber de nouveau la zone. Comme des évènements l’ont récemment montré, le sentiment de sécurité est parfois trompeur et peut mener à des imprudences. Il n’empêche que ce sentiment est en soi une victoire tant qu’il peut être durable.

Un autre élément important: le projet, porté par un officier du bataillon, montre l’élargissement du métier des militaires consécutif aux opérations de stabilisation complexe « au coeur des populations » et au milieu urbain. La question centrale est celle de l’acceptation de cet état de fait, autrement dit de l’adéquation entre les attentes des militaires vis à vis de l’institution envers laquelle ils se sont engagés et les impératifs opérationnels que cette dernière leur demande de suivre…. Un exemple: sur cette photo, on voit un militaire américain offrir des friandises à une petite fille.

Nul doute que cela est gratifiant, mais, comme certains militaires en témoignent par ailleurs, il peut y avoir une « lassitude de la compassion » qui fait obstacle aux interactions durables entre la force et la population. Je pense également à un documentaire français récent sur une unité américaine en Afghanistan où l’on voit les soldats, dont la mission était de distribuer l’aide humanitaire dans un village, perdre patience face aux assauts des enfants qui, il faut le reconnaître, se battaient littéralement pour les vivres et les biens (des couvertures…). Cette réaction est cruciale. En effet, elle montre les difficultés d’un ajustement identitaire à ces nouveaux rôles, souvent bien éloignés de l’image faite du militaire en Occident. Mais elle met également en lumière les difficultés réelles induites par le décalage culturel, lequel repose non seulement sur des éléments linguistiques ou coutumiers (quand ce n’est pas confessionnel) mais aussi sur le fossé social et économique entre personnes. Il est donc plus que jamais nécessaire de préparer la force à durer, y compris dans la compassion.

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