Les Hélicoptères en Contre-insurrection: Kiowas over Mossul

Outre les missions de transport dans le sud de BAGDAD (pour éviter les embuscades et les IED), les hélicoptères retrouvent toute leur pertinence dans la contre-insurrection, dès lors que nous sommes en phase cinétique, soit pour fournir un appui aérien rapproché aux unités présentes au sol, soit pour dénier aux insurgés toute activité terroriste.

Michael YON narre ainsi les aventures du 4ème bataillon du 6ème régiment de cavalerie (aérienne) à MOSSOUL. Son reportage laisse apprécier quelques réflexions d’ordre tactique mais aussi plus fondamentales sur l’usage des voilures tournantes en milieu urbain et en contexte contre-insurrectionnel/anti-terroriste.

Concernant les tactiques,  les unités de KIOWAS sont continuellement déployées au-dessus de la ville. La nuit, elles sont constamment en alerte (les pilotes prêts à décoller dans un délai de 30 minutes, souvent ramenés à 5) et « chassent’ les poseurs de bombes et d’IED, en liaison avec les drones PREDATOR armés de missiles HELLFIRE (un grand classique de la guerre en Irak). Opérant loin des zones de frappes, les hélicoptères tentent de ne pas faire repérer le missile ou les roquettes en les tirant de loin, de manière à ce que le bruit et l’éclair du départ ne se voient pas. Le jours, les KIOWAS fournissent un appui rapproché aux unités au sol, maintenant une altitude plus modérée (voire en-deça des limites réglementaires, c’est à dire une centaine de mètres, YON rapportant que certains volent à 10 mètres d’altitude, voire moins) et fondant sur l’ennemi  dès qu’il est repéré. Le navigateur-copilote est armé d’une carabine M4 et s’en sert fréquemment, notamment lors des embuscades que les insurgés tendent souvent aux hélicoptères. Ce qui démontre deux choses: les combats ont donc lieu à bout-portant entre les machines et les insurgés, et les premières sont vulnérables tant matériellement que politiquement. La perte de tels appareils peut potentiellement avoir des effets désastreux, même si le syndrome « Mogadiscio » ne semble pas s’être reproduit en Irak (de nombreux hélicoptères ont été perdus, mais peu ont donné occasion à exploitation de la part des insurgés).

Sur le plan de leur utilité, ces machines et leurs pilotes obtiennent de réels résultats, notamment grâce à l’entrainement des seconds et à la sophistication technique des premières. Par ailleurs, l’intégration des actions tactiques dans un ensemble « reconnaissance-frappe » de plus en plus pertinent pour des frappes sélectives, leur a permis de nombreux succès, notamment contre des cibles importantes (High Sensitive Target HST). Les deux risques de leur vulnérabilité et des dommages collatéraux demeurent mais sont diminués grâce aux règles d’engagement restrictive mise en oeuvre par les forces armées américaines en Irak depuis les débuts de l’invasion.

Au final, un reportage que je conseille à tout mes lecteurs anglophones (Michael YON est tout sauf ennuyeux et sa connaissance du milieu militaire -c’est un ancien membre des Forces Spéciales- ainsi que ses qualités personnelles lui donnent d’excellentes relations avec les hommes et les femmes qu’il est amené à rencontrer. Il donne ici un aperçu de la bataille de MOSSOUL qui fait décidément  de cet affrontement un lieu à part dans l’histoire de la guerre en Irak. La seule comparaison qui me vienne à l’esprit est FALLOUJAH en novembre 2004. La différence néanmoins tient dans la place qu’y tiennent les forces irakiennes.

3 réflexions sur “Les Hélicoptères en Contre-insurrection: Kiowas over Mossul

  1. Juste un petit mot sur le « journalistes embrigadés » (embedded en anglais) comme Michael Yon (je vais laisser parler le journaliste qui est en moi…désolé pour l’obectivité). La méthode de l’embrigadement est vieille d’environ deux décennies aux Etats-Unis. Elle avait été testée une première fois en Amérique Central, avant d’être complètement généralisée lors de la guerre d’Irak de 1991. Bush avait vendu cette technique à l’époque en disant que c’était indispensable pour protéger les journalistes. Rapidement, certains se sont plaints du manque de mobilité et d’accès à l’information. Les leçons de la guerre ont été tirées du côté des militaires et du gouvernement: les journalistes embrigadés étaient nettement plus favorables à la guerre, pour plusieurs raisons: leurs informations étaient limitées à ce que disaient les militaires (qui offraient une quantité d’infos énorme et de grande qualité, mais évidemment non objective voire parfois calomnieuse); les reportages mettaient en avant le courage et la technologie de l’armée; les relations d’amitié se développant entre soldats et journalistes rendait la critique difficile, les journalistes finissaient par se prendre eux-mêmes pour des héros de la guerre, ce qui se reflétait dans leurs articles…
    Les journalistes, malheureusement, n’ont pas tiré les leçons de l’Irak. Et les voilà à nouveau tous embrigadés en Irak. Bush a repris la stratégie de son père, en l’adaptant un peu. Très peu de journalistes opèrent hors embrigadement. Le problème est donc lié à l’objectivité de l’info.
    Clairement les journalistes comme Michael Yon offrent des reportages exceptionnels (dont j’apprécie la lecture), mais il faut les voir comme une vision de la guerre, et non comme la guerre per se (qui par définition ne se donne jamais dans son objectivité). Donc, puisqu’un débat a été ouvert dans ce blog et dans d’autres sur le biais médiatique, je crois qu’il était bon de préciser que ce biais s’applique ici également.

    Sincèrement,
    T.

  2. Tout à fait correct. Je les lis d’ailleurs plus pour les détails concrets de la contre-insurrection que comme une recension objective de la guerre. Abu Muqawama a le même débat concernant le blog de Michael TOTTEN.

  3. Le fait est qu’il trés peu de journalistes occidentaux opérant en Irak vu les pertes qu’ils ont subit (le tir d’obus de char sur un hotel abritant des journalistes le jour méme de l’entrée de l’armée américaine a Bagdag était vraiment un désastre  »médiatique » pour l’image des GI’s plus les prises otages et attentats). ils suffit de lire les journaux en France pour ce rendre compte qu’ils ne publient que des dépeches d’agences.

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