Les MiTTs (Military Interim Transition Teams)

J’ai déjà parlé du colonel JAMES, commandant la 4ème brigade de la 3ème division d’infanterie (Division Multinationale Centre). Il opère entre Tigre et Euphrate au sud de BAGDAD, dans une zone d’opération dont le cœur est la ville d’ISKANDARIYAH. Il s’agit d’une région mixte bordant le Triangle sunnite au N et les villes saintes chiites du S (NADJAF et KARBALA).

Il recense près de 10 500 miliciens dans les programmes SoI/CLC dont 2/3 de Sunnites et 1/3 de Chiites. Leur mission est de tenir près de 550 points de contrôle, en partenariat avec l’Armée et la Police Irakienne, tandis que les forces américaines s’efforcent de nettoyer la zone de KHIFR et JUFR AL SAKHR (au S d’ISKANDARIYAH) lors de l’opération Marne Roundup qui a débuté en décembre (procédé: des postes tenus conjointement avec les Irakiens au coeur des populations et sur les axes d’infiltration en direction de la capitale irakienne ou des sanctuaires chiites du sud)

Le colonel JAMES, comme tout les commandants de brigade, est chargé de multiples tâches empruntant à l’ensemble des « lignes d’opérations »: opérations de combat contre les insurgés (lancement de l’opération Marne Rugged destinée à nettoyer les sanctuaires insurgés le long de la rive droite du Tigre depuis quelques jours), promotion de la gouvernance locale (développement de conseils municipaux et de « communautés d’habitants » dans les villages ruraux), développement économiques (notamment par les actions des Equipes Provinciales de Reconstruction « incrustées » au sein des forces US), et développement des forces de sécurité irakiennes (ISF).

Concernant l’organisation de cette dernière mission, elle est menée par des Military Interim Transition Teams (MiTT). 1 Mitt au niveau de l’Etat-major de la 8ème division irakienne, en liaison permanente avec le commandant de Brigade américain. Sous elle, 4 MiTTs encadrent l’Etat-major des 4 brigades de ladite division. Enfin, il 2 MiTTs encadrent chaque bataillon irakien, se chargeant de leur entraînement, de la maintenance du matériel, de l’appui-feu lors des opérations. Chaque MiTT comprend 18 à 20 personnels. Ils peuvent être issus de l’Iraq Assistance Group (IAG), organisme interarmées basé à Fort Ryley au Kansas chargé de former les conseillers militaires, mais aussi des unités américaines sur place (la 4ème brigade du col JAMES a ainsi mis sur pied 4 de ces équipes).

En plus des MiTT, la brigade a ouvert une école de sous-officiers de l’Armée et de la Police dans la FOB KALSU. Il est intéressant de constater que les formateurs ne sont pas tous Américains mais de plus en plus Irakiens.

Deux remarques complémentaires:

  • officiellement, une MiTT comprend seulement 12 personnels. Cependant, depuis la création du concept en 2004, les effectifs réels sont plus importants. Ainsi, les Marines présents à ANBAR dans les années 2005-2006 ont couramment utilisé des équipes de 20 à 30 personnels.
  • lorsque le développement des forces de sécurité irakiennes était le point central de la stratégie du général CASEY (c’est à dire dès l’automne 2004 et officiellement à compter de mars 2005), les MiTT étaient « incrustés » jusqu’à l’échelon de la compagnie, voire de la section. Par ailleurs, chaque bataillon irakien était jumelé avec un bataillon US, et chaque division avec une Brigade. Ce modèle a été abandonné pour deux raisons: sa forte consommation en personnels américains, et surtout l’autonomie croissante des unités irakiennes.

3 réflexions sur “Les MiTTs (Military Interim Transition Teams)

  1. Selon le briefing que le LTG DUBIK a donné le 5 mars (voir post précédent), il semblerait que cela soit en bonne voie. Il cite les chiffres de 10,000 miliciens intégrés dans la Police à ANBAR, 12,000 à BAGDAD et plusieurs milliers à DIYALA. Bien entendu, tout les miliciens ne pourront être intégrés du fait de deux facteurs: la sélection sur l’aptitude au métier et les réticences du gouvernement irakien. Le général DUBIK estime ainsi que 20 à 25% des membres des programmes « SoI » seraient aptes et volontaires. Le gouvernement irakien et les forces de la Coalition choisiraient donc de procéder comme suit: une fois la sécurité stabilisée dans leur zone, les miliciens des SoI seraient évalués. Au bout du processus, certains intégreraient les forces de sécurité nationales ou locales tandis que d’autres seraient entraînés vers des programmes de reconversion (apprentissage d’autres métiers à travers des écoles ou des centres de formation). Tout ceci ne peut être fait qu’au cas par cas. Cela ne signifie pas que le problème est résolu car les tensions au niveau local peuvent perdurer, mais cela a le mérite d’être clair: tout les SoI n’intégreront pas les force irakiennes. Cela signifie également qu’il faut en garder étroitement le contrôle pour faciliter la transition à la fois opérationnelle (lorsque les points de contrôle sont transférés aux forces « légales ») et sociale (désarmement, démobilisation, réintégration).

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