la reconstruction d’une zone: HAWR RAJAB

La fin des opérations cinétiques ne signifie pas que la contre-insurrection est victorieuse. Il lui faut également poursuivre la stabilisation de la zone en agissant sur les « lignes d’opérations » qui permettront notamment de sécuriser l’environnement.

HAWR RAJAB, située dans les « ceintures » du S de BAGDAD, a été libérée d’AQI lors des opérations Marne Torch en juin puis Marne Avalanche en juillet 2007. Parallèlement, depuis avril 2007 était menée une opération de restauration des services essentiels (ES), Marne Fortitude (suivie depuis janvier par Marne Fortitude II). On le voit, ces opérations utilisent les deux modes tactiques hérités de l’expérience de la 1st MARDIV en 2004. Outre la restauration de la sécurité, il faut promouvoir la gouvernance, le développement économique et la remise en ordre des infrastructures.

HAWR RAJAB
Le 6ème escadron du 8ème régiment de cavalerie (il appartient à la 2ème Brigade de la 3ème division commandée par le COL TERRY FERRELL) est donc chargé de ces missions, en coordination avec une équipe d’action civilo-militaire (ACM) et surtout la Provincial Reconstruction Team (embedded)-7 (EPRT-7), laquelle dépend du Département d’Etat et gère la reconstruction sur toute la zone de Bagdad.

Les cavaliers ont mené de front plusieurs projets parmi lesquels:

  • la généralisation de micro-prêts (2500$ maximum) pour développer des commerces et des petites entreprises à même de donner du travail aux nombreux chômeurs de la zone. La théorie veut qu’ainsi les plus jeunes ne soient pas entraînés vers la guérilla. Toutefois, deux difficultés surgissent: les habitants ont parfois l’impression que cet argent est « illimité » et il est donc ardu de toujours bien déterminer qui en a réellement besoin (rôle des ACM). Près de 50000$ ont déjà été distribués ainsi. Un second obstacle provient des relations sociales particulières à cette région. En effet, de tels prêts sont consentis en fonction d’un suivi de leur utilisation. Or, de très nombreux commerçants et artisans dépendent d’un cheik qu’il est parfois difficile de contacter, voire de connaître.
  • le développement d’une production avicole (poulets) destinée aussi bien à la consommation locale qu’à la commercialisation des oeufs et de la viande. C’est l’occasion pour l’EPRT-7 et les cavaliers pour apprendre aux agriculteurs le fonctionnement de l’industrie agro-alimentaire. Ce programme est couplé avec la distribution de graines pour près de 900 agriculteurs. Il s’agit d’un échantillon de semences destiné au lancement de la production de légumes variés (en tant qu’agriculture maraîchère destinée à nourrir la capitale proche).
  • la reconstruction des écoles. Pour le moment, une école de filles a déjà ouvert ses portes.
  • la réouverture de l’hôpital local prévue pour mi-mars 2008.
  • la tenue de conseils de femmes.
  • la création d’une école professionnelle destinée aux jeunes gens de la région mais aussi aux membres des SoI qui ne seraient pas intégrés dans les forces armées. Ce sont des ingénieurs de l’Air Force qui y assurent la formation au sein de ce « village de l’espoir« .

En 2003 déjà, les commandants de division, de brigades ou de bataillons US avaient déjà tenté de mettre en oeuvre ce type d’action dans leur zone (on était alors en pleine improvisation et l’assertion la plus courante était que l’argent pouvait servir à gagner les coeurs de la population). Deux problèmes avaient rendu ces efforts contre-productifs:

  • le manque d’argent. Il faut attendre la fin de l’été 2003 (soit beaucoup trop tardivement) pour que l’Autorité Provisoire de la Coalition cède aux demandes de PETRAEUS qui gère MOSSOUL et décide d’utiliser les avoirs confisqués aux anciens membres du parti Baas pour financer lesdits programmes. Ces fonds CERP (Commander Emergency Reconstruction Program) sont aujourd’hui massivement utilisés. Ils sont à la disposition principalement des commandants de brigade, mais parfois aussi au niveau des bataillons.
  • la mauvaise connaissance des structures sociales locales. Certes, les commandants de secteur avaient cherché à recréer les réseaux sociaux mais avaient partiellement échoué du fait à la fois de la prolifération des interlocuteurs (tous n’étant pas valables socialement, les Américains avaient parfois donné naïvement leur confiance à des personnages de second plan) mais surtout de la méconnaissance de la structure de la société irakienne en tribus. Il faut ajouter qu’à cette époque, la plupart des chefs tribaux des régions sunnites avaient un pied dans chaque camp (la Coalition et l’insurrection des « éléments d’ancien régime » selon la terminologie US)

Mise à jour: dans la zone d’opération de la 3ème brigade, c’est à dire à l’est du TIGRE (SALMAN PAK), je signale une autre initiative, à savoir la mise en place de pompes à eau.

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