Histoire du FM 3-24

Cullen NUTT, un étudiant de Boston College avec qui j’ai échangé un ou deux e-mails concernant le FM 3-24, a publié dimanche un court article sur la rédaction de celui-ci.

Ayant mené quelques recherches sur le sujet, je suis content (vanité!) de constater que je n’étais pas tombé loin. Ainsi par exemple concernant le rôle de NAGL. Notamment, il me semblait évident que le choix des chapitres du manuel semblait lui avoir incombé, tant est grande la proximité avec les recommandations principales contenues dans learning to eat soup.

Reprenons l’histoire de la rédaction:

-en novembre 2005, conférence sur la contre-insurrection organisée le Centre Carr pour les droits de l’homme et le Strategic Studies Institute à laquelle participent PETRAEUS, LACQUEMENT, NAGL et Sarah SEWALL (entre autres, voir la liste des participants).

-en février 2006, conférence à Fort Leavenworth durant laquelle, grâce à Sarah SEWALL (devenue entretemps directrice du Centre Carr pour les Droits de l’Homme dépendant de HARVARD), sont conviées des journalistes et même des membres d’ONG. J’ajoute que SEWALL a produit plusieurs articles qui montrent que son objectif est de parvenir à une doctrine NATIONALE de contre-insurection.

-en juin 2006, une première version est publiée. Elle suscite les critiques de l’historien Edward LUTTWAK et de Ralph PETERS, un ancien officier de l’Army dont l’influence et les idées sont cruciales au sein de l’établissement militaire des Etats-Unis. Tout deux reprochent au manuel de ne pas prendre en compte les aspects « cinétiques » (COIN « molle »).

-enfin, en décembre 2006, la version définitive est rendue publique. Elle est suivie en septembre 2007 par une version brochée éditée aux Presses Universitaires de Chicago et préfacée par Sarah SEWALL et John NAGL (les Presses Universitaires de Chicago sont justement les éditions de NAGL).

Dernière minute:  Sans surprise, le LTC Gian GENTILE critique cet article dans le Small Wars Journal. Il lui reproche notamment de laisser croire à un large consensus au sein de l’Army comme à une consultation générale tout azimuts lors de la rédaction. On ne peut donner entièrement tort au LCL GENTILE: comme je le dis plus haut, il est clair que la doctrine « classique » qui irrigue le FM 3-24 émane de quelques spécialistes de l’affaire (et notamment NAGL). Sociologiquement, NUTT m’écrivait récemment qu’il s’agissait là d’un mécanisme typique d’institutionnalisation d’une doctrine informelle et marginale par l’action de quelques décideurs (en l’occurrence PETRAEUS et MATTIS en tant que commandants respectifs de la doctrine de leur institution) mettant en oeuvre une bonne campagne de promotion au sein de leur service.

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