Un exemple de planification et de conduite tactique en COIN: la 1st Marines Division (MARDIV)

Déployée pour l’offensive de mars 2003 puis à Bagdad/Tikrit en avril 2003 et dans le Sud Chiite jusqu’en septembre de la même année, la 1ère division de Marines (MARDIV) du major-général MATTIS est de nouveau envoyée en Irak sur une nouvelle zone d’opération: ANBAR. L’arrivée est prévue en mars 2004.

Dans cette perspective, MATTIS décide de développer une préparation opérationnelle en deux axes:

  • la mise en condition opérationnelle de la division doit être le plus réaliste possible. Pour cela, les expériences de l’année précédente couplées à de fréquentes mises à jour en provenance d’Irak sont travaillées au sein d’un centre d’entraînement ad hoc près de la base de 29 PALMS en Californie. MATTIS capitalise sur la cellule du PROJET METROPOLIS mise en place au sein du Laboratoire du Corps (Marine Corps Warfighting Laboratory MCWL) au début de l’année 2000 afin de parfaire la préparation au combat urbain des unités d’infanterie. Le nouveau centre, rebaptisé « Matilda Village » (Waltzing Matilda est l’hymne de la division), est donc construit à l’image d’une ville d’Irak et des contrats sont passés avec des entreprises pour fournir des locuteurs arabes. Un système de « drill » permet de passer en revue l’ensemble des procédures adéquates. Parallèlement, des cours d’arabes sont dispensés aux troupes. (note: cette MCO est reprise par le National Training Center de l’Army à compter de 2005)
  • Essentiellement cependant, il s’agit de conceptualiser les lignes d’efforts et les objectifs à atteindre. Le manuel de contre-insurrection (FM 3-24) résume le plan choisit par le schéma suivant:

conduite opérationnelle 1ST MARDIV

cliquez sur l’image (fichier JPEG). Le commentaire en français est de moi


Préalablement, il est donc nécessaire de cartographier au mieux le « terrain humain » de la zone d’opérations. L’idée est de définir un mode tactique en fonction de plusieurs « centres de gravité ». La division développe ainsi une approche en « lignes logiques d’opérations » simultanées et cohérentes en même temps que le LTG CHIARELLI avec la 1ère division de Cavalerie déployée à Bagdad à ce moment là. C’est à dire que l’on abandonne la ligne d’opération unique fondée sur l’interprétation propre à l’Army du concept de Centre de gravité de Clausewitz: l’idée qu’il existe un centre unique, voire unitaire. Autre point intéressant, les opérations cinétiques et non-cinétiques sont combinées (elles sont même communes aux deux modes tactiques, de même que les opérations sur l’information).

Ces deux axes participent d’un processus itératif, c’est à dire d’adaptation continue aux conditions non-linéaires du terrain et du contexte. C’est là l’oeuvre de la culture particulière des Marines qui vise à développer ces capacités au sein des chefs jusqu’aux plus bas échelons (ce que l’on nomme le « caporal stratégique »).

Cet exemple historique montre par contraste l’aveuglement de certains à ne prendre en compte qu’un SEUL centre de gravité en contre-insurrection, notamment lorsque qu’il s’agit de la population.

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