La vie quotidienne d’un commandant d’unité

Paul McLeary, dont nous avons déjà parlé, nous offre un reportage de terrain en deux parties sur un commandant de compagnie américain du 21ème régiment d’infanterie dans la zone d’Abu Ghraïb au NO de Bagdad. Installé dans le COP COURAGE, le capitaine  HELBERG y accomplit la mission confiée à tout commandant de zone en Irak, à savoir assurer la sécurité, rebâtir les infrastructures, se lier avec les cheiks, favoriser la réconciliation, et surtout affirmer la légitimité du gouvernement irakien.

Le COP COURAGE

Dans le premier de ces reportages, Paul McLeary rapporte les difficultés relationnelles entre les différentes composantes de sa zone. Principalement, il s’agit à la fois de tempérer les relations entre les SOI, la Police Nationale et l’armée irakienne (ici la brigade MUTANA, dont le commandant est un chiite) tout autant que de rapprocher les chefs tribaux sunnites du gouvernement national. Paul McLeary montre à cette occasion l’un des effets « pervers » de la présence des milices tribales: engagées pour tenir des points de contrôle et assurer des missions statiques de sureté, elles voient avec un mauvais œil le retour des forces irakienne, absentes de la zone depuis la fin 2005. Un autre problème tient dans les alliances entre le commandant de la brigade MUTANA et les tribus chiites. A l’occasion du transfert de responsabilité de certains points de contrôle des SOI à l’armée irakienne, le premier aurait invité les secondes à se montrer devant les caméras, comptant sur la pusillanimité et la méfiance des cheiks sunnites pour les discréditer.

Un point de contrôle dans la zone d’opération du capitaine HELBERG. Notez que le membre des SOI sur la photo ne porte pas l’uniforme camouflé pourtant obligatoire pour ces unités de supplétifs, ce qui cause parfois des incidents avec l’armée irakienne.

Dans un second reportage, le journaliste narre un dîner entre le capitaine HELBERG et un cheik chiite. Le plus intéressant  tient dans la révélation du statut du gouvernement irakien pour les locaux. Les Américains semblent bien mieux vus que ce dernier, ce qui fait que le commandant d’unité est submergé de demandes multiples concernant la restauration des infrastructures, lors même qu’il cherche à être une courroie de transmission efficace vers l’administration officielle. Ainsi, il semble que la tâche principale du contre-insurgé, à savoir gagner les allégeances de la population, est ici loin d’être accomplie.

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