Les candidats à la présidence et la politique étrangère des Etats-Unis

Le bimensuel Foreign Affairs, une des principales revues dans le domaine des Relations Internationales, a publié une série de textes par les principaux candidats à l’élection présidentielle dans lesquels ils exposent leur vision de la politique étrangère du pays.

McCain

Huckabee

Obama

Clinton

Bien entendu, ce qui m’intéresse en premier lieu tient à la question de l’Irak. Thomas Renard a exposé longuement les raisons des uns et des autres, et j’ai complété par un commentaire ce qui me semblait important. Michael Gordon, du New York Times a donné un aperçu des positions des uns et des autres. Ce qui ressort tient dans une opposition sommes toutes prévisible entre les candidats démocrates favorables à un retrait très rapide, quitte à laisser des éléments en réaction rapide en Jordanie par exemple (ce qui démontre leur méconnaissance des opérations de stabilisation qui demandent des actions de proximité et de présence ainsi qu’un renseignement opérationnel culturel et d’ambiance qui ne s’obtient que dans la durée), et les candidats républicains qui souhaitent capitaliser sur les succès de 2007, mais sans toujours bien indiquer comment, ni sans prévoir d’alternatives en cas d’aggravation subite de la situation.

Il faut également noter que, si le problème irakien pouvait encore jouer un rôle premier au début de 2007, il a été éclipsé depuis par les problèmes financiers, économiques et sociaux que nous connaissons. Faut-il le rappeler, le bourbier naissant après « l’année perdue » 2003/2004 n’avait pas empêché la réélection -triomphale cette fois-ci- de Georges Bush.

3 réflexions sur “Les candidats à la présidence et la politique étrangère des Etats-Unis

  1. Les grands médias  »généralistes » français ne se posent guére de questions sur les options de politiques étrangéres des divers candidats, à par  »pour » ou  »contre » la fin de la guerre d’Irak que nombre d’entre eux semble conditionner au retrait des forces de la coalition.

  2. Il est vrai. Le problème des grands médias généralistes est qu’ils sont généralistes! Ils restent à la surface des choses et préfèrent par conséquent expliquer ce qu’ils ne comprennent pas à l’aide de leurs schémas mentaux. Donc la fin de la guerre correspondrait pour eux au retrait des troupes américaines. La référence au Vietnam est évidente.
    Mais j’ai envie de poser deux questions à nos médias « généralistes »:
    PRIMO: ce qui compte à leurs yeux est-il le départ des troupes US ou la stabilité de l’Irak? J’ai bien peur que beaucoup, pour qui la présence US est une « occupation », lient la légitimité de cette occupation (contestable il est vrai), la conduite de la stabilisation et leurs propres sentiments vis à vis du président Bush (ou plus largement de la puissance américaine).
    SECUNDO: croient-ils vraiment qu’Obama, une fois élu, procéderait au retrait des troupes? Ils se leurrent autant sur le fonctionnement de l’établissement militaire de Défense aux Etats-Unis que sur l’élection dudit candidat, que beaucoup voient déjà comme 44ème président des Etats-Unis (un magnifique exemple de Wishful thinking (ou comment prendre ses rêves pour des réalités).
    En réalité, la situation en Irak pose un problème plus large, celui de l’adéquation entre les objectifs politiques (la stabilisation de l’Irak étant un intérêt pour tout ceux qui croient à un minimum de normes internationales plus justes et coopératives) et l’état d’esprit culturel de nos sociétés vis à vis de la guerre. Nous en sommes encore à croire que la guerre n’est plus pour nous. En réalité, nous sommes dans l’illusion la plus totale concernant la capacité du modèle démocratique à imposer la paix entre les nations, ainsi que la nature de la guerre contemporaine. Celle-ci n’est plus seulement l’affrontement entre Etats, mais aussi la kyrielle d’opérations de stabilisation complexes qui forment les travaux et les jours de nos forces armées. Comment expliquer ces deux illusions: par la croyance erronée que la guerre naît exclusivement de conditions socio-économiques et politiques structurellement injustes (pauvreté, sous-développement), voire qu’elle dépend de variables systémiques (le nombre de puissances dans les relations internationales étant la principale). Ces éléments peuvent entrer en compte bien entendu, mais tout conflit germe d’abord dans le coeur de l’homme.
    Pardonnez ce long développement, mais j’avoue être parfois lassé de l’apathie de nos médias « généralistes » sur le sujet. Je sais qu’il existe de bons journalistes, soucieux tant de l’information que de la réflexion en profondeur.
    Cordialement
    Stéphane TAILLAT

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