La bataille de Mossoul (Update)

En fait, la situation dans la deuxième ville du pays est encore plus complexe:

-le premier ministre al-Maliki semble en fait être à l’origine de l’opération contre la ville. Dans un discours en date du 25 janvier, il aurait promis « une bataille décisive » contre AQI. En fait, ses motivations peuvent se comprendre à la fois par sa volonté d’affirmer son autorité sur cette ville, proche du coeur Kurde mais aussi bastion des généraux baassistes, et de ne pas laisser impuni l’attentat ayant tué le chef de la police municipale de Mossoul. D’où un engagement important des forces de sécurité irakiennes, les forces américaines étant là en soutien.

-La situation semble avoir basculé en janvier lorsque les membres de l’Armée Islamique en Irak de Mossoul ont rejeté les ordres de leur direction visant à s’allier aux Américains contre AQI. Cette scission au sein d’un même groupe insurgé rappelle à la fois qu’il ne s’agit en rien d’organisations centralisées, mais aussi la complexité des compétitions politiques.

-Enfin; les derniers Fedayins et Baassistes se sont associés ici encore étroitement à AQI, comme cela semble être le cas depuis au moins le printemps 2004 dans le Triangle Sunnite. Cette alliance contre-nature, parfois justifiée par le sentiment nationaliste, se heurte aujourd’hui à un nouveau nationalisme irakien, rassemblant chiite et sunnite désireux de ne pas laisser le pays éclater.

Comme le rappelle Herschel Schmitt, la bataille pour Mossoul, dans laquelle les Irakiens vont prendre le relais du 3ACR, est un test pour les forces de sécurité, lesquelles pensent appliquer les méthodes mises en oeuvre dans le Plan de Sécurité de Bagdad,à savoir une sécurisation par la dissémination des forces dans des avants-postes, la création de « Gated Communities », et la recherche accrue du renseignement d’ambiance.

Une réflexion: il y aurait donc un décalage entre les forces américaines, dont nous avons vu dans un précédent post qu’elle rechignait à reproduire le « modèle Bagdad », et les forces irakiennes qui s’apprêtent à en mettre les procédures en oeuvre. Je pense donc que l’on peut parler également d’un test organisationnel, en ce sens où va être éprouvée la qualité de la formation dispensée par les Military Interim Training Teams (MiTT) « incrustées » au sein des forces irakiennes. Dans la doctrine « classique » de contre-insurrection, défendue par John Nagl par exemple, il est vital que les forces occidentales ne reproduisent pas le modèle « conventionnel » dans les unités de la « Nation-Hôte ». Il semble bien que ce « principe » (rappelé dans le manuel FM 3-24) trouve ici ses limites: sur quelle modèle les Américains ont-il bâti les forces irakiennes?

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