La bataille de Mossoul

Depuis la fin du mois de janvier, l’attention des forces américaines s’est tournée vers Mossoul: là, après avoir tué 5 militaires dans une embuscade à l’IED, Al Qaieda en Irak cherche de nouveau à se créer un sanctuaire et un appui. De fait, Mossoul, ville mixte, s’est distinguée en janvier 2005 par le plus fort taux d’abstention des sunnites lors des élections.

Le plus intéressant, comme le souligne le LCL SIMMERING du 3ème régiment de Cavalerie (le même commandé par le COL MCMASTER avait pacifié Tell Afar dans l’automne et l’hiver 2005-2006), est le changement de tactique de l’organisation terroriste et, par conséquent, des contre-insurgés. En effet, les premiers ne cherchent plus à commettre des attentats dans le but d’accroître les tensions inter-ethniques ou de lasser l’opinion publique américaine. Il semble plutôt que la stratégie soit celle de l’esquive afin de garder son potentiel et, parallèlement, d’épuiser les forces américaines.

Celles-ci ne peuvent donc mettre en oeuvre un plan sur le modèle de celui de Bagdad l’hiver et le printemps dernier: investir les quartiers, y établir des avants-postes, nouer des liens avec les leaders communautaires. Par ailleurs, les forces de sécurité irakienne demeurent insuffisamment formées et peu fiables, lors même qu’elles jouent un rôle central de collecte de renseignement d’ambiance dans un contexte ethnique où des leaders sont difficilement identifiables.

Tout ces points sont importants car:

  • Ils rappellent que la contre-insurrection et les opérations de stabilisation complexe nécessitent de s’adapter au plus vite. C’est la condition sine qua non du maintien de l’initiative au coeur de tout succès.
  • Ils montrent encore une fois les capacités de résilience d’AQI. L’organisation terroriste demeure l’ennemi n°1 de la stabilisation dans les zones mixtes.
  • Ils démontrent la nécessité de former au plus vite des forces irakiennes non seulement efficaces mais aussi non-partisanes.
  • Ils posent la question du contrôle du milieu: doit-on s’efforcer de tout contrôler ou doit-on se limiter aux zones qui sont dans les moyens de la force? Mossoul est actuellement le point noir de la stratégie en Irak, on comprend donc aisément que sa réduction est une affaire politique et de communication. Par ailleurs, faut-il le rappeler, c’est le lieu des premiers exploits de Petraeus à la tête de la 101st Airborne entre le 22 avril et décembre 2003!

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