Publication: Sécurité Globale n°10

Enfin! Le numéro 10 de la revue Sécurité Globale éditée par l’Institut Choiseul vient de sortir.

Son thème: "contre-insurrection(s)". Son coordinateur: Georges-Henri BRICET DES VALLONS et votre serviteur.

Sommaire:

Dossier | Contre-insurrection(s)
Coordonné par Georges-Henri Bricet des Vallons
et Stéphane Taillat
-Contre-insurrection(s) : les forces armées occidentales à la croisée
des chemins
Stéphane TAILLAT
-Les mythes de la contre-insurrection et leurs dangers :
une vision critique de l’US Army
Gian P. GENTILE
-Les dilemmes de la doctrine de contre-insurrection américaine :
répétition, pertinence et effet
David UCKO
-L’expérience militaire britannique dans la province afghane
du Helmand (2006-2009)
Michel GOYA
-Contre-insurrection et « responsabilité de protéger » :
panacée ou supercherie ?
Christian OLSSON
-L’action intégrale ou la contre-insurrection à la mode colombienne
Jérôme CARIO, Antonin TISSERON

Pour le moment, ces numéros ne sont pas encore accessibles en ligne. Mais je recommande  de cliquer régulièrement sur le lien de l’Institut pour les mises à jour .

Je tiens à remercier les contributeurs qui ont accepté de me suivre dans l’aventure: Christian Olsson, Michel Goya et Antonin Tisseron (amicales salutations à Jérôme Cario aussi) pour le domaine francophone, le colonel Gian Gentile et David Ucko pour le domaine anglophone.

Et bien entendu, merci encore à Georges-Henri de sa disponibilité (il est également doctorant et je sais que c’est prenant), de son ouverture d’esprit et de sa gentillesse, vertu si rare de nos jours car perçue comme "faible".

Pacification?

Une des prétentions de la contre-insurrection orthodoxe américaine est de pacifier les populations ou les situations politiques contre un insurgé considéré comme criminel et violent.

(publié simultanément sur AGS)

ussoldiers_child_iraq

Pourtant, une analyse empirique de la situation en Irak nous montre qu’il est nécessaire de critiquer cette approche pour essayer de considérer ce qui est vraiment "pacificateur".

Sur un plan discursif, les doctrines occidentales actuelles considèrent que l’une des tâches centrales des forces armées est de contribuer à la pacification des violences et  à la protection des populations notamment dans le cadre de conflits qui sont de plus en plus définis comme des guerres civiles. Cela est surtout vrai pour l’Irak depuis 2006, mais également pour l’Afghanistan dès lors que le discours discriminant entre Taleban, Jihadistes et tribus devient dominant dans l’explication de l’origine des violences comme compétition politique interne attisée par des éléments étrangers (Al Qaeda).

Deux visions modernes:

Plus globalement, l’action militaire s’inscrit dans une opposition entre deux visions de ce type de guerre. La première considère que les parties en présence entretiennent une inimitié absolue du fait de leur altérité, source de leur divergence d’intérêts, voire de leur concurrence pour la survie. La solution est de s’interposer entre les factions. On peut ainsi comprendre le Plan de Sécurité de Bagdad ou la création des "communautés fermées" par les militaires américains en Irak. Bien entendu, la stratégie est plus complexe parce qu’elle reconnaît que des acteurs radicaux vont entretenir la violence d’une communauté contre une autre. Mais il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’avaliser une forme de partition géographique entre les ethnies. En dépit des recherches empiriques ayant invalidé cette vue, elle n’en reste pas moins prégnante dans l’imaginaire politique et sécuritaire américain.

L’autre conception s’appuie sur les présupposés constructivistes pour faire de l’altérité entre les acteurs le produit d’une construction identitaire contingente. A la limite, ces différences ne seraient qu’une illusion, dans la lignée des courants de pensée monistes. Dans ce cadre, on peut placer les tentatives évoquées par les spécialistes américains de la COIN de changer les identités, voire de les nier. Même si cette position est minoritaire, elle n’en reste pas moins opérationnelle en Irak, comme le démontrent par exemple les volontés de création de forces armées qui seraient le creuset de la nation irakienne refondée. A noter également que la volonté néoconservatrice de créer un Irak sur le modèle américain ressort de cette logique.

Dans un certain sens, s’opposeraient ainsi ceux qui "démodernisent" les sociétés irakiennes ou afghanes (notamment autour d’un concept strict et idéalisé de "tribus") et ceux qui chercheraient à les "moderniser" en niant l’importance des communautés traditionnelles. Dans un cas comme dans l’autre, nous sommes bien en présence de la projection de nos catégories occidentales issues de la modernité libérale séculière. Ou, pour le dire encore autrement, il est possible de considérer les actions menées par les militaires comme calquées sur les "mythes" entourant la construction de l’Etat moderne pour ce qui concerne la gestion de la violence et de la force.

Or , il semble plus pertinent de se demander dans quelles conditions l’altérité est-elle construite comme inimitié. Bien souvent, c’est le fruit de la mobilisation de la violence ou de griefs réels ou perçus par des entrepreneurs politiques. Pour le dire rapidement, il est peu coûteux de s’appuyer sur le discours du  "nous contre eux". Il faut également prendre en compte le rôle joué par les acteurs extérieurs, ici les Américains et les Iraniens, dans la définition des groupes ethnoconfessionnels. Ce rôle peut être discursif (les déclarations politiques, les compte-rendus militaires voire les doctrines et analyses) ou même performatif (les actions militaires et politiques entrent pratiquement toutes dans cette catégorie). Bref, l’altérité ethnique ne crée pas la violence. C’est bien plutôt la violence qui, auto-entretenue parfois sur le mode mimétique, aggrave les clivages.

De la même manière, il faut comprendre que les groupes ethniques et sociaux existent bien en tant que communautés. Certes, leurs contours sont d’ordinaires plutôt flous et la plupart de leurs membres partagent un sentiment d’identité avec d’autres groupes ou ensembles sociaux. Il n’en reste pas moins que des spécificités culturelles forment ces communautés, et qu’elles sont renforcées, transformées ou affaiblies par les relations entre les personnes qui les composent. Il faut donc absolument éviter les deux écueils réalistes et postmodernes qu’illustrent par exemple les errements de nos discours et actes visant à légitimer la présence et l’action militaire occidentale "au sein des populations". En effet, nous pensons bien souvent que la légitimité va s’acquérir autour de la construction d’un consensus rassemblant des individus, alors qu’il faut également prendre en compte l’aspect des croyances politiques et de la médiation exercée par les communautés, que celles-ci soient hiérarchisées (comme c’est le cas en Irak) ou non (comme cela semble être plus le cas en Afghanistan).

Les pacificateurs:

Le terme de "pacification" ne doit pas être l’objet d’un contresens. Les actions militaires américaines et occidentales en Irak et en Afghanistan ne peuvent être assimilées aux destructions massives et aux punitions collectives entrevues dans d’autres conflits. On ne peut en effet dire que "l’ordre règne à Kaboul (ou à Bagdad)" de la même manière qu’il "régnait à Varsovie".

La séparation forcée ou négociée des parties, de même que la négation de ce qui peut éventuellement servir à les opposer, sont deux impasses. Rien ne dit en effet que la violence ne se nourrisse pas davantage d’une partition qui aura officialisé une différence vécue comme inamicale. D’autre part, le déni des communautés lorsqu’elles sont anciennement inscrites sur un territoire et dans une histoire ressemble autant à une "fausse paix".

Il est bon ici de s’interroger sur les murs de sécurité mis en place dans la capitale irakienne dans le cadre de la stratégie des "communautés fermées" à compter de janvier 2007. La rationalité de ces mesures a été largement éclairée par ses acteurs et trouve son expression la plus achevée dans ce schéma de David Kilcullen, l’un de ses architectes.

Source: David Kilcullen
Source: David Kilcullen

Il s’agit donc de protéger les communautés ethnoconfessionnelles à la fois contre les radicaux de leur bord et contre ceux de l’ethnie adverse. Le problème est le suivant: alors que la géographie de Bagdad (plutôt mixe dans l’ensemble) a justement été modifiée par les "nettoyages ethniques" entrepris par Al Qaeda en Irak dans les "ceintures" (en 2005) et par les milices extrémistes chiites en 2006, cette stratégie vise à renforcer ce mouvement. Comme le montre la série de documentairesréalisés par Gaith Abdul Ahad, correspondant du Guardian en Irak, la construction des murs a crée de nouveaux quartiers en redécoupant la géographie humaine de la capitale. On peut donc dire que la baisse des violences dans la capitale est passée par une stratégie biopolitique consistant à poursuivre la partition de la capitale irakienne, dans la droite ligne des discours du Vice-Président BIDEN sur la tripartition de l’Irak entier.

Les militaires ont néanmoins la possibilité d’être des pacificateurs si ils s’inscrivent dans une voie exigeante mais pourtant nécessaires, notamment à l’échelon interpersonnel et local, celui de la confiance et de la coopération. En effet, ces deux attitudes permettent de construire des ponts entre des communautés et de restaurer une vision pacificatrice du sentiment identitaire (trop souvent réduit par une certaine vulgate à un "repli frileux"). Il s’agit pour cela de comprendre  que les causes de la violence ne sont pas externes (c’est à dire liées à une inimitié éternelle entre "dominants" et "dominés" comme dans le cas des Chiites et des Sunnites par exemple) mais bien internes (la violence provient de la manière dont j’interprète l’attitude de l’autre comme hostile ou inamicale). Et que des facteurs extérieurs peuvent conditionner la manière dont cette violence va éclater et se manifester. A ce titre, les haines interconfessionnelles en Irak sont à mettre sur le compte de deux visions concurrentes du monde, celle des Américains pour qui il y a eu des "mauvais" Sunnites et des "bons" Chiites, et celle des jihadistes pour lesquels le "Perse" est l’ennemi héréditaire de l’Arabe. Le tout sur fond de vide du pouvoir, d’écroulement de la structure politique et de compétitions pour le pouvoir.

Ce qui signifie que la contre-insurrection orthodoxe américaine crée davantage d’opportunité de violence que d’opportunité de pacification, dès lors qu’elle voit l’insurrection comme un corps étranger et illégitime pour la population. A ce titre, l’asymétrie galulienne (l’insurgé détruit là où le contre-insurgé construit) vaut certainement le mimétisme de Trinquier (les deux concourent pour le "prix" du contrôle de la population).

Agir sur les causes de la violence impose donc non seulement de déconstruire les discours "sécuritaires" comme nous y invitent les tenants des principes "critiques" des études de sécurité (et donc de dénoncer les "entrepreneurs politiques" et autres "seigneurs de guerre"). Mais également d’agir pour préserver les communautés en tant qu’ensembles relationnels, sans les figer dans une configuration particulière. Et dans un deuxième temps, il est également nécessaire de bâtir des "ponts" entre les communautés, les groupes et les factions. Ce peut être fait autour de projets communs (la reconstruction des infrastructures, la réconciliation politique) mais surtout par les relations interpersonnelles.

C’est là que l’Irak et l’Afghanistan diffèrent. Si la "guerre civile" a été en quelque sorte une "divine surprise" pour les Américains en leur permettant de s’interposer et de réconcilier (même si cela est passé par la permanence d’un discours ethniciste) pour le premier cas, il n’est pas sur que la compétition entre Taleban et militaires occidentaux ne soient pas insurmontables. En effet, comment protéger et pacifier lorsque l’on est soi-même producteur de la menace ?

"Débarrassé de l’illusion de sa propre rationalité, il ne reste [à la modernité libérale] que le pouvoir brut, mais tout le pouvoir" (John MILBANK)

"Nous vivons dans les ruines des moralités passés (…) Dans les ténèbres qui nous entourent déjà" (Alasdair McINTHYRE)

"Le royaume pacifique (…) n"est pas fondé sur la reconnaissance de notre moralité humaine commune, mais sur notre fidélité à être la communauté pacifique qui ne craint pas nos différends" (Stanley HAUERWAS)

Rupture ou continuité

Deux discussions et nouvelles plutôt intéressantes concernant les deux derniers commandants en chef américains en Afghanistan, Stanley McChrystal et David McKiernan (la mafia des écossais-américains a frappé fort dans la promo 1976 de West Point).

Le premier est un débat fort passionnant lancé par The Security Crank, blog que je recommande vivement pour prendre de la distance avec le conformisme croissant de la blogosphère COIN US (j’aime bien Andrew Exum, mais il a parfois du mal à discerner entre la recherche de la vérité et les impératifs de ses patrons du CNAS). Selon lui, le limogeage de David McKiernan, plutôt incompréhensible si l’on considère qu’il est le premier commandant de théâtre limogé dans le cadre de ses fonctions opérationnelles depuis McArthur en 1950 et si on compare son bilan avec ceux de Ricardo Sanchez ou de George Casey en Irak, est du à son absence de réseau au sein de la classe politique américaine couplée à ses réticences face à une guerre par milices tribales interposées défendue entre autres par le CNAS. L’auteur anonyme du blog démonte avec vigueur le "mythe McKiernan" (équivalent afghan de la "narration Petraeus") et adresse au passage un coup de griffe bien ajusté aux adorateurs du Powerpoint en lieu et place d’ordres donnés clairement "face au terrain" (ou via le traditionnel OPO résultant d’une bonne MEDO). Un papier fort stimulant pour qui veut comprendre les dessous politiciens des changements de stratégie à Washington et les défauts inhérents à la "culture technique" de nos amis américains.

Le second est un article de Noah Schachtman (Danger Room) qui montre que la stratégie dont il est question est bien plus complexe que celle que l’on nous a présenté à longueur de temps depuis les débats McChrystal/Biden de cet automne. Pour faire bref, les attaques ciblés par drones auraient connu un pic depuis la prise de commandement du général Américain. L’explication paraît simple: mieux vaut restreindre les frappes aériennes qui risquent de provoquer des dommages collatéraux et user des bonnes vieilles méthodes d’assassinats ciblés. Ou comment mêler le contre-terrorisme propre à l’officier des Forces Spéciales à la contre-insurrection "orthodoxe" définie par le CNAS.

copyright: Noah Schachtman

Le hic: c’est que le rapport de l’ONU sur les pertes civiles en Afghanistan a démontré que celles-ci n’avaient cessé de croître dans l’automne 2009. Forcément, tout dépend du renseignement que l’on a obtenu sur les "cibles de haute valeur". Comme on peut s’en douter, l’imprécision et les incertitudes de celui-ci peut conduire à des erreurs, qui accroissent en retour les pertes si l’on use plus fréquemment d’un outil que l’on juge, à tort ou à raison, plus sur et plus éthique. Pour faire bref: on croît que l’on va faire moins de dégâts, alors on utilise plus. Or, la marge d’erreur contenue dans toute appréciation humaine non habituée à pratiquer l’antique vertu de prudence (à ne pas confondre avec la pusillanimité) reste tout aussi élevée.

Confusion à Bagdad

Hier, le Commandant Opérationnel de Bagdad des forces de sécurité irakiennes a arrêté 25 personnes lors de raids et placé une partie de la capitale irakienne sous un couvre-feu.

Officiellement, le gouvernement irakien a annoncé avoir démantelé un complot des anciens baasistes après la découverte de plus de 400 livres d’explosifs (près de 200kg) faisant craindre une réitération des attentats géants de l’année dernière. Il annonce également que des couvre-feux et des ruptures ou détournement de circulation pourront encore avoir lieu.

Cela survient alors que se préparent les élections législatives pour mars et qu’une récente décision d’une commission parlementaire a interdit à des candidats sunnites nationalistes de se présenter au motif qu’ils agiraient pour le compte du Baas.

Evidemment, il est intéressant de comparer le New York Times et le WaPo. Le premier retranscrit le discours du gouvernement alors que le second laisse s’exprimer les opinions critiques, dénonçant le pouvoir du Premier Ministre à travers le Commandement Opérationnel de Bagdad. Il faut d’ailleurs noter que le soudain déploiement de force a déclenché une rumeur de coup d’état, preuve que la sécurité est bien devenu un des enjeux politiciens et électoraux du pays.

Le Jihad se fissure-t-il?

Excellent article par Thomas RID dans le dernier numéro du Wilson Quarterly sur les transformations actuelles de la "mouvance" islamiste jihadiste (pour autant que l’on puisse user de ces termes).

L’argument est intéressant et particulièrement bien étayé: la force actuelle d’Al Qaeda, c’est à dire sa dispersion et la décentralisation croissante du recrutement, de la formation et de la préparation opérationnelle, est aussi sa principale faiblesse. Dans le livre que Thomas a co-écrit avec Marc HECKER (de l’IFRI, salut à toi Marc), WAR 2.0, l’argument est déjà présent. Les moyens techniques de communication (qui sont devenus des plate-formes après avoir été des cibles puis des armes) permettent de rendre viables les idéologies et les mouvements les plus extrémistes mais, dans le même temps, ils les condamnent à ne pas pouvoir s’inscrire dans une logique de légitimation politique efficace (c’est à dire s’appuyant sur des communautés humaines réelles). Bref, le Jihad ne vaincra jamais, mais ne peut pas non plus vraiment être vaincu.

Un autre élément capital concerne les éléments potentiellement radicalisables, notamment chez les nouveaux convertis des sociétés occidentales (qu’ils soient issus de minorités culturellement et sociologiquement musulmanes ou des groupes de population "souches"). Au fond, ces personnes sont autant des cibles potentielles du radicalisme que des éléments dangereux en puissance. Là git d’ailleurs toute l’ambiguité du discours contre-insurrectionnel/contre-terroriste: il oscille entre l’idée naïve qu’il suffit d’une meilleure gouvernance et de meilleurs services publics pour couper l’herbe sous le pied au processus de radicalisation et le discours victimisant certains groupes sociaux ou ethniques au motif de leur dangerosité supposée.

A mon sens, il faut absolument être conscient de deux faits solidement étayés par les recherches empiriques et la réflexion analytique:

1) il est dangereux et naïf de croire que la religion a un potentiel violent ou radicalisateur en soi. En réalité, les motivations des terroristes ressortent bien plus souvent d’une "confusion des genres" entre les motivations dites religieuses ( ou proclamées telles) et des causes sociologiques voire psychologiques plus complexes. Bref, le "radicalisme religieux" n’est pas du tout équivalent au "radicalisme politique". Il paraît bien plus porteur de chercher dans quelles conditions les motifs religieux (ou l’appartenance à un groupe définissant son identité sur le mode religieux) donnent naissance à la radicalisation politique. C’est la cas tant dans la lutte "anti-terroriste" que dans la "contre-insurrection".

2)il est nécessaire de prendre acte du processus décrit par Thomas. Peut-être la volonté absolue d’en finir avec Al Qaeda est-elle avant tout irréalisable et dangereuse? Peut-être faut-il plutôt gérer les coûts de ce risque de radicalisation?

Du pain sur la planche pour les chercheurs, les praticiens, les hommes politiques et les citoyens….

Bonne année à tous encore!

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