Rentrée difficile

Pour l’Irak, cette fin d’été a un goût amer. En effet, le mois d’août a été le plus meurtrier en 13 mois, notamment à cause des attentats contre les ministères des finances et des affaires étrangères le 19 août, mais aussi du fait d‘un regain de tension dans le nord du pays. Sur le premier point, on peut penser qu’il s’est agit pour les groupes extrémistes ou insurgés de délégitimer le gouvernement irakien. En effet, les camions piégés ont explosé quelques jours après l’annonce par le PM Maliki qu’il entamait un retrait des barrières de sécurité dans la ville. Par ailleurs, peu de temps auparavant, le général Odierno envisageait d’envoyer davantage de troupes dans le Nord afin de lutter contre tous ceux qui souhaitent attiser les clivages ethnoconfessionnels à Mossoul ou à Kirkouk.

Sur le plan politique, le PM Maliki s’est vu défié par le renouveau de l’Alliance Irakienne Unifiée… mais sans lui. Cette alliance électorale rassemble tous les perdants des élections provinciales de février dernier et ressuscite un bloc chiite comprenant Sadristes et membres du Conseil de la Révolution Islamique en Irak. Pour autant, je trouve rassurant que des personnalités sunnites (notamment des dissidents du « Réveil ») aient rejoint le mouvement. Cela signifie que le discours sur les lignes de partage ethnoconfessionnelles est peut être daté.

Sur un autre registre enfin, il faut noter les tensions croissantes entre l’Irak et la Syrie, le gouvernement irakien considérant que Damas abrite deux anciens baassiste responsable des attentats du 19 août. Or, cela a mis en lumière le fait que l’Armée irakienne n’a pas véritablement de capacité défensive contre une menace extérieure. Rien d’étonnant à cela quand on sait que le voeu initial de Paul Bremer -créer une armée exclusivement consacrée à la défense- avait été balayé dès octobre 2003 par Wolfowitz et Abizaid.

Et puis il y a aussi, plus profondément, les relations complexes et tourmentées entre les militaires américains et les Irakiens, tant civils que militaires. On voit que ce problème ne peut être résolu simplement. Bien entendu, on pense aux relations parfois ambivalentes entre Occupants et Occupés, mais ces dernières semblent ici se doubler de relations mimétiques. Comme je l’ai déjà affirmé, l’impact de la présence militaire américaine au niveau local en Irak aura des répercussions bien longtemps après que les évènements de cet été menaçant aient été oubliés.

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