René Girard

J’ai eu l’occasion de m’essayer à inclure la théorie mimétique de René GIRARD pour tenter de comprendre l’évolution des relations entre les militaires américains et les populations en Irak.

Toutefois, en dépit de la lecture attentive que j’avais alors faite de Achever Clausewitz, il manquait de nombreux outils pour creuser cette approche. René Girard est exigeant à lire et pas toujours très simple, mais son travail est si fondamental qu’il est nécessaire de bien en comprendre les ressorts. D’autant plus que ses réflexions semblent parfaitement coller à nos opérations extérieures contemporaines, tout aussi bien qu’à une certaine analyse des relations internationales. 

Grâce à l’excellent blog ménestrel et gladiateur, il est maintenant possible d’accéder à une "théorie girardienne pour les nuls". L’auteur, intéressé aux questions de Défense et artiste plutôt talentueux, se livre en effet à un passage en revue des idées girardiennes en employant un langage simple et didactique que je ne peux qu’admirer. Se voulant à la fois le ménestrel (le fou qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas et qui ramène chacun à ce qu’il est) et le gladiateur (dans l’arêne du monde contemporain, il faut être capable de combattre), l’auteur de ce blog écrit des billets aussi incisifs qu’agréables à lire.. Je les conseille donc par la même occasion à tout lecteur désireux de voir les choses avec l’oeil de l’artiste…

Merci à lui pour son travail sur René Girard… Et bonne lecture à tous.

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3 réflexions sur “René Girard

  1. Merci beaucoup Stéphane pour votre présentation et vos compliments à mon égard.
    J’espère que nombreux seront ceux qui voudront en apprendre plus sur les Mécanismes de la Violence et du Religieux depuis… la Fondation du monde.
    René Girard est un penseur génial, comme il y en a un par siècle et encore ! Faire évoluer la connaissance à ce point relève de l’exception dans l’Histoire de l’Humanité et ce n’est pas pour rien qu’on dit de lui qu’il est un nouveau Darwin au sens de cette apport précieux et inestimable des fonctionnements du monde.
    De plus, nous avons la fierté qu’il soit Français.
    Goûtons donc notre plaisir, même si la lecture de sa Théorie et la lucidité que cela implique sur nos agissements est redoutable.
    Reprenons courage en nous disant que sans les origines violentes et sacrificielles de l’Homme, il n’y aurait ni Michel-Ange, ni Bach, ni Chopin, ni Shakespeare, ni rien du tout…
    Avec toute mon amitié
    Pascal

  2. Lisant Girard depuis vingt-cinq ans, j’attendais avec impatience qu’il se saisisse de la question de la guerre.
    Pour tout dire, j’ai été déçu par "achever Clausewitz". Je ne l’ai pas trouvé convainquant, mais il me manquait la maîtrise de CVC pour pouvoir y revenir et préciser mes critiques. Ceci explique largement ma lecture de CVC dont je rends compte dans mon blog, à petit pas.
    Pour revenir à Girard, c’est brillant, incontestablement séduisant dns l’analyse des rapports sociaux, mais 1/ il se répète, et je trouve que ses derniers ouvrages pèchent par là : il va dans des détails et des raffinements de plus en plus abscons ; 2/ il n’a pas évoqué, dans le cas de la guerre, la question de l’Etat. S’il cite Hegel, il oublie (de mémoire) Max Weber et son monopole de la violence légitime : là réside, à mon sens, le défaut le plus patent.
    Et c’est dommage :! car on attend justement une meilleure contribution de la théorie mimétique à la compréhension polémologique. Peut-être est-ce dû à cette volonté de rester à l’inter-individuel, ou au social, sans admettre qu’un Etat ou une nation (pour prendre le cas des rébellions de libération, par exemple) puisse avoir la personnalité morale, et donc une autonomie de violence par rapport aux membres qui le composent.
    Mais ça fait partie du débat….
    OK

  3. Olivier,
    Certes Girard peut nous décontenancer. Toutefois, je pense que le fait de ne pas citer Weber tient à sa démonstration: au fond, le monopole de l’usage légitime de la violence/force a été une institution à un moment donné. Comme la Guerre, autre institution, elle est largement mise à mal par la "privatisation de la force" autant que par les atteintes à la souveraineté de l’Etat dans les relations internationales.
    Il n’en reste pas moins que sa thèse, à savoir que CVC n’a pas été au bout de son "intuition" de la montée aux extrêmes en distinguant entre "guerre réelle" et "guerre absolue" me semble intéressante, ne serait-ce que parce qu’elle invite à relire CVC comme tu l’as fait, avec brio d’ailleurs (la suite, la suite!!)..
    Dire que la violence est autonome, même entre Etats, me paraît problématique car le processus de prise de décision en politique étrangère n’opère pas comme en laboratoire, coupé de son environnement social. On peut donc translater la théorie mimétique en incluant dans une lecture étatique des relations internationales. Par ailleurs, cela ne me semble pas en contradiction ni avec une vision systémique des RI et de la guerre, ni avec une vision sociologique…
    Relançons le débat :)
    ST

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