Fallujah, Irak

Dans un peu plus de 24h, la responsabilité de la sécurité dans tout l’Irak passera entièrement aux mains des forces de sécurité irakiennes. A quelques heures de ce passage que l’on pourrait considérer comme "historique" (nonobstant qu’il est surtout symbolique, les forces américaines restant présentes dans les villes jusqu’en juillet et les conseillers militaires étant là pour quelques années encore), une ville semble attendre avec impatience que retentissent les 12 coups de minuit de la Saint Sylvestre 2008. 

En effet, en dépit du transfert d’autorité du gouvernorat d’Anbar aux Irakiens le 1er septembre dernier et le départ précoce des Marines du  centre ville dans le courant du mois de mai, la "cité aux 100 mosquées" (Falloujah) vit encore au rythme -lointain certes- de Camp FALLUJAH, cet emprise militaire l’encerclant depuis l’automne 2003. 

Cette véritable "cité" comprenant services, commerces et bâtiments administratifs  pour les Marines fermera définitivement ses portes à l’orée de l’année nouvelle. 

Si il en était besoin, Falloujah illustrerait parfaitement les travers et les succès des armes américaines en Irak: longtemps considérée comme rétive, victime de deux sièges en règles en avril et novembre 2004, conquise et reconquise en 2005 et 2007, elle est aujourd’hui relativement sure. Comme je l’expliquais récemment, cela tient surtout à la précocité des alliances entre les Marines et les cheiks locaux, ainsi qu’à la mise en oeuvre tout aussi précoce du recrutement de forces de sécurité locales encadrées et jumelées à des groupes de conseillers américains vivant en leur sein. C’est aussi le signe d’un tournant durable des guerres en Irak. Bien entendu, on ne peut prévoir exactement ce que sera l’avenir d’une ville qui n’a cessé de vivre depuis 5 ans à l’ombre des unités qui s’y sont succédées, d’abord rapidement (3 en l’espace de 3 mois en 2003) puis de manière brutale (la 1ère Division de Marines) et enfin durable (les différents Regimental Combat Team des Marine Expeditionary Forces qui ont "tournés" ici tous les  7 mois entre 2005 et aujourd’hui).

Je propose ainsi à mes lecteurs de comparer ce qu’en disait Damien CAVE, du New York Times il y a exactement un an: il parlait des désillusions et des lenteurs de la reconstruction, du double-jeu persistant (depuis 2003 en fait) de certains responsables de quartiers et de certains "contractors" irakiens locaux qui empochaient les sommes fournies dans le cadre du CERP sans réaliser les commandes du bataillon ou de la compagnie, enfin il retraçait les difficiles méandres de la (mal-)nommée "réconciliation".

PS: à noter que le New York Times, pas plus que les autres grands médias américains d’ailleurs, n’entretient plus de correspondant sur place depuis quelques temps déjà. 

Et  bien entendu, je souhaite (avec quelque avance il est vrai) mes meilleurs voeux à mes lecteurs (plus rares en ces temps de fête, merci aux fidèles), à mes camarades de la "blogosphère" stratégique ainsi qu’à leurs familles.

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