Le site de la Force Multinationale-Irak fournit un bilan intéressant des programmes de recrutement des milices sunnites, connues sous le nom de “Fils de l’Irak” (SoI), dans la zone de responsabilité de la TF MARNE (Division Centre). L’article, émanant du service de Relations Publiques de la Division, est intéressant et confirme un certain nombre de mes conclusions (bien que je sois plus prudent que les officiers PA américains
)
- en dépit des attaques dont ils font souvent l’objet, les miliciens sunnites semblent rester à leur poste et assurent ainsi une part essentielle de l’effort de sécurisation. Le programme semble susciter de nombreuses vocations dans un pays où le taux de chômage des jeunes est effrayant. Par ailleurs, il permet de faire le lien avec les structures sociales traditionnelles. Il s’agit donc d’un moyen particulièrement efficace de “contrôle social” pour la contre-insurrection américaine.
- au rebours de ce qui était craint, y compris par votre serviteur, la formation de ces milices ne semblent pas pour le moment enflammer les tensions interethniques. D’abord réticent, le gouvernement irakien (GoI) semble s’être impliqué dans la gestion et l’éventuelle démobilisation/réinsertion des miliciens.
- en effet, dans certaines parties de la zone de responsabilité de la TF MARNE (notamment le Maidan Qaida à l’est de Bagdad, mais aussi les “ceintures” méridionales comme Arab Jabour et Hawr Rajab), la sécurité semble s’être accrue au point que la présence et l’utilité des milices n’est plus évidente. Il faut donc noter que, sur les 36 000 miliciens de la zone, 1 100 ont intégré la Police Nationale dans les mois de février/avril et 2000 sont escomptés dans le mois à venir. Les campagnes de recrutement de la Police ciblent donc prioritairement ces jeunes miliciens, ce qui arrange bien évidemment les cheiks qui les stipendient. Par ailleurs, tant par le biais des actions d’assistance des Embedded Provincial Reconstruction Teams (ePRT) -notamment les micro-crédits, l’aide à la modernisation de l’agriculture et le développement des infrastructure- que par les programmes de formation professionnelle initiés dans le cadre du Joint Technical Education and Reconstruction Program (JTERP) du Gouvernement irakien, de nombreux miliciens ont été démobilisés. A noter que des contractors participent à ce processus, au même titre d’ailleurs qu’à celui de l’entraînement des milices côte à côte avec les conseillers militaires américains de l’Armée régulière irakienne (les Military Interim Training Teams MiTT).
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